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Corée du Sud : le taux de fécondité atteint un nouveau plus bas

Corée du Sud : le taux de fécondité atteint un nouveau plus bas
Des vêtements pour bébé en vente à Séoul, le 21 décembre 2017JUNG Yeon-Je

Le taux de fécondité en Corée du Sud a atteint un nouveau plus bas malgré une panoplie de mesures pour faire remonter l'un des taux de natalité les plus faibles au monde, montrent des statistiques gouvernementales publiées mercredi.

Le taux de fécondité de ce pays est tombé sous le seuil d'un enfant par femme en âge de procréer, à 0,98, en 2018, bien en deça des 2,1 nécessaires au renouvellement des générations.

"C'est la première fois que ce chiffre chute au-dessous d'un depuis que Séoul a entrepris de collecter les données en 1970", souligne Statistics Korea dans un communiqué.

Cela pourrait déboucher sur une diminution à partir de 2028 de la population -actuellement de 51 millions d'habitants- pour la Corée du Sud, la 11e économie mondiale. En 2017 déjà, le taux de fécondité avait touché un plus bas, à 1,05.

Depuis 2005, le gouvernement a dépensé la somme colossale de 136.000 milliards de wons (107 milliards d'euros) pour tenter d'inverser la tendance, sans succès. De nouvelles mesures annoncées fin décembre prévoient l'élargissement des droits aux allocations familiales, une réduction du temps de travail pour les parents d'enfants de moins de huit ans ou encore la construction de crèches.

Beaucoup d'experts expliquent cette situation par le poids des dépenses pour élever un enfant, le taux élevé de chômage chez les jeunes et la double charge imposée aux mères qui travaillent.

Mais d'autres incriminent plutôt le caractère notoirement compétitif de la société en Corée du Sud, en particulier sur le marché de l'emploi et dans l'éducation.

"Je pense qu'élever un autre enfant dans ce monde-là est un péché", a expliqué à l'AFP une Sud-Coréenne âgée de 34 ans qui a requis l'anonymat. "Cette société est bien trop compétitive. Je ne crois pas qu'il soit bon pour un enfant de devoir passer par ce système".

La plupart des Sud-Coréens associent le fait d'avoir des enfants au mariage et remettent leurs projets d'union à plus tard pour donner la priorité à l'éducation supérieure et à leur carrière.

Leur pays a l'un des taux de naissances hors mariage les plus faibles du monde (1,9% en 2017), comparé à d'autres pays développés comme la France et la Norvège où il dépasse les 55%.

Les chiffres diffusés mercredi montrent que plus de 30% des Sud-Coréennes qui ont eu un enfant l'an dernier avaient 35 ans ou plus. En 1998, les femmes de ce groupe d'âge ne représentaient que 6,2% des accouchements.

Parallèlement, le vieillissement de la population dans son ensemble menace la Corée du Sud d'un "tsunami gris" d'ici à 2030, avec une proportion attendue de 25% pour les plus de 65 ans contre 14% aujourd'hui.

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