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Coronavirus: avec des modes de consommation bouleversés, les emballages plastique et carton explosent

Coronavirus: avec des modes de consommation bouleversés, les emballages plastique et carton explosent
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CORONAVIRUS

Bond du commerce en ligne en période de confinement, approvisionnement alimentaire à assurer, demande accrue dans les activités médicales: le secteur de l'emballage est en plein boom pour assurer les besoins liés à l'épidémie de Covid-19, plastique et carton en tête.

"On n'a pas de rupture, mais on est vraiment en tension", résume Emmanuel Guichard, délégué général d'Elipso, la fédération professionnelle du secteur de l'emballage plastique. "Nous avons à peu près 30% de production en plus. C'est vraiment une demande énorme", indique-t-il.

La fermeture des restaurants entraîne "mécaniquement une augmentation de la consommation (alimentaire) vers des produits emballés" vendus en grande distribution, selon M. Guichard.

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Intervient également un "effet stock" de la part des clients, qui achètent massivement des emballages car ils préfèrent anticiper d'éventuels problèmes logistiques de livraison. Parmi les secteurs les plus demandeurs, le délégué général cite "tout ce qui est alimentaire, l'hygiène, la détergence" qui sont les principaux marchés, mais aussi "les sacs poubelle et les sacs pour hôpitaux".

L'emballage plastique (2 millions de tonnes par an en France) est employé à 68% dans le secteur alimentaire, 15% dans l'hygiène et 10% dans la détergence. Il représente environ 40% de l'utilisation du plastique en France.

"Etre archi-rigoureux"

Numéro un européen du secteur, le fabricant d'emballages en carton ondulé Smurfit Kappa relève lui aussi dans plusieurs domaines d'activité "des demandes de produire jusqu'à plus 20%, voire parfois plus 30%", indique à l'AFP son directeur marketing, Gérard Mathieu.

Sont principalement concernés l'agro-alimentaire, l'hygiène, la santé et l'e-commerce, avec une "demande très très forte pour l'eau, les produits laitiers, les fruits et légumes". Mais les flux sont "assez hachés", observe-t-il. "Il y a par moment des demandes très fortes, ça peut s'arrêter et reprendre à tout moment", ce qui "nécessite d'être extrêmement agiles et flexibles".

Pour les fabricants d'emballage plastique, "le premier risque est plutôt sur la main-d'oeuvre", compte tenu de "l'inquiétude" des salariés qui vont travailler sur les sites, estime M. Guichard. Le constat est partagé par les industriels du papier-carton. Philippe d'Adhémar, président de leur fédération professionnelle Copacel, a observé un "doute qui s'est installé" en début de semaine dernière chez les salariés, et face auquel il faut "être archi-rigoureux" dans l'implantation des mesures de sécurité. "On tournera tant que les conditions de sécurité nous permettront de le faire", assure-t-il. Mais "si on n'a plus les conditions pour tourner, on s'arrêtera".

"Maillon absolument essentiel"

Selon un bilan établi en fin de semaine dernière par la Copacel, sept usines étaient à l'arrêt sur les 74 sites que compte la profession et huit étaient au ralenti. "Nous sommes un maillon absolument essentiel: vous n'avez pas un produit qui va quitter les usines qui ne soit pas emballé, conditionné pour permettre de le stocker, de le préserver et de le transporter", souligne Gérard Mathieu. "Vous arrêtez l'emballage, vous arrêtez les usines!"

Chez les distributeurs d'emballage, la vigilance est également de mise. "Tous les centres de distribution sont opérationnels avec un maximum de sécurité et de protection", assure Danièle Kapel-Marcovici, PDG de Raja, numéro un européen. "Nous avons des clients dans tous les secteurs d'activité, et qui sont vitaux comme l'alimentation ou le médical", explique-t-elle. "Beaucoup de clients sont aussi dans l'e-commerce et c'est sans doute l'activité qui va nous permettre de continuer à travailler."

Vers une fragilisation à long terme de la grande distribution ?

Pour la directrice de l'ONG Zero Waste, Flore Berlingen, ce bond de la demande, qui tranche sur les multiples initiatives privées et publiques de réduction des emballages et de la consommation de plastique annoncées avant la pandémie, est un "phénomène conjoncturel" qui n'a donc pas vocation à durer.

Plus inquiétant selon elle, la "fragilisation sur le long terme des alternatives existantes à la grande distribution et au commerce en ligne", par exemple les achats de seconde main, les commerces de proximité ou les marchés, en raison des mesures de confinement prises un peu partout. "Par exemple, à des fins de simplification, le couperet est tombé (sur les marchés en France) alors qu'on aurait pu imaginer des règles de fonctionnement différentes et encadrées", regrette-t-elle.

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