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Corruption à l'IAAF: Diack veut une confrontation avec Coe qui l'accepte

Corruption à l'IAAF: Diack veut une confrontation avec Coe qui l'accepte
Le président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Sebastian Coe (d) et son prédécesseur Lamine Diack, le 19 août 2015 à PékinGREG BAKER
sport

L'ancien patron de la fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Lamine Diack, mis en examen pour corruption sur fond de dopage en Russie, a demandé une confrontation avec son successeur Sebastian Coe, qui l'a acceptée, a appris jeudi l'AFP de sources proches de l'enquête menée à Paris sur ce scandale.

"Une demande a été formulée par Lamine Diack pour rencontrer le président de l'IAAF, Sebastian Coe. Cette demande a été transmise à l'IAAF par la justice française. Conformément à notre désir d'aider l'enquête, le président de l'IAAF a accepté de rencontrer M. Diack et une date est recherchée", a fait savoir l'IAAF, interrogée par l'AFP. Les avocats de M. Diack n'ont pas fait de commentaire.

Sebastian Coe était l'un des vice-présidents du Sénégalais à l'IAAF à l'époque des faits, entre 2011 et 2014. Il lui avait succédé à la présidence, à l'été 2015. A l'époque, un documentaire accusateur de la chaîne allemande ARD avait déjà été diffusé et le comité d'éthique de l'IAAF avait été saisi en interne, mais le scandale n'avait pas éclaté au grand jour.

Lamine Diack, patron de l'IAAF de 1999 à 2015, l'un de ses conseillers Habib Cissé et le chef de l'antidopage à l'IAAF, Gabriel Dollé, sont mis en examen pour corruption depuis novembre 2015 car ils sont soupçonnés d'avoir couvert des cas de dopage en Russie contre de l'argent et pour faciliter des négociations avec des sponsors et des diffuseurs russes, avant les JO de Londres 2012 et les Mondiaux d'athlétisme à Moscou en 2013. Lamine Diack, 85 ans, a interdiction de quitter le territoire français. Il a reconnu que la Russie lui avait fourni des fonds pour mener des campagnes politiques au Sénégal pour faire battre l'ancien président Abdoulaye Wade.

L'un de ses fils, Papa Massata Diack, soupçonné d'être un personnage clé du système de corruption, est visé par un mandat d'arrêt international, mais il réside à Dakar où il ne risque aucune extradition et la justice sénégalaise a refusé de collaborer avec son homologue française.

- Démission d'un proche -

Des questions se sont posées sur la connaissance que Sebastian Coe pouvait avoir de ces faits, lui-même se défendant en affirmant qu'il en ignorait les détails et qu'il n'avait pas de rôle opérationnel à l'IAAF malgré sa fonction de vice-président.

L'ancien champion olympique du 1500 mètres et patron des JO de Londres 2012 avait quand même été fragilisé par la démission de son bras droit à l'IAAF, Nick Davies, fin 2015. Ancien secrétaire général adjoint de l'IAAF, devenu directeur de cabinet de Coe à la présidence, Nick Davies a été mis en cause pour avoir touché de l'argent de Papa Massata Diack.

Exclu de l'IAAF et placé en garde à vue en janvier 2017, sans être mis en examen, Nick Davies était revenu sur ses dénégations initiales devant les enquêteurs. Il avait concédé avoir reçu de "PMD", à l'été 2013, 5.000 euros en espèces qu'il a considérés comme une prime, ainsi que 25.000 euros pour des frais qu'il a finalement gardés pour des dépenses personnelles, selon son audition dont l'AFP a eu connaissance.

L'ancien directeur du marathon de Londres, David Bedford, avait aussi affirmé avoir envoyé à Coe, en août 2014, un courriel où il évoquait au moins un cas de dopage et de corruption autour d'une athlète russe, la marathonienne Lilya Shobukhova. Sebastian Coe avait affirmé avoir transmis ce courriel à la commission d'éthique de l'IAAF.

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