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Coulée de boue en Afghanistan: à la recherche des survivants

Coulée de boue en Afghanistan: à la recherche des survivants
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Les villageois recherchaient jeudi des survivants d'une coulée de boue qui a enseveli des villages entiers et fait au moins dix morts et disparus dans la vallée du Panjshir, en Afghanistan.

Déclenchée par le débordement d'un lac de montagne, la langue de boue a emporté dans la nuit de mercredi à jeudi des "centaines de maisons" et dévasté plusieurs villages du district de Khendj, selon le gouverneur du Panjshir qui redoute de macabres découvertes.

Sur le parcours des eaux brunâtres, 90% des villages ont été dévastés, leurs mosquées, écoles, habitations, échoppes ensevelies sous la boue, a constaté l'envoyé spécial de l'AFP parvenu dans la région meurtrie par une route encombrée de débris et de rochers, que les pelleteuses s'employaient à dégager.

Des conteneurs, utilisés comme boutiques et ateliers dans toute la vallée, ont été emportés par les flots ; la rivière Panjshir qui roule d'ordinaire des eaux turquoises a pris la couleur de la terre qu'elle charrie.

Une retenue naturelle au sommet de la vallée de Peshghor a vu subitement le niveau de ses eaux enfler avec la fonte des glaciers, accélérée par des températures estivales élevées.

En pleine nuit, les habitants ont entendu d'abord un grondement qu'ils ont pris pour un tremblement de terre, fréquents dans la région, ce qui a permis à la plupart d'entre eux de réagir à temps, expliquent-ils.

"J'ai senti le sol trembler, par la fenêtre j'ai vu quelques chose arriver sur moi et je me suis enfui". Mollah Sharif a eu de la chance: de sa mosquée pulvérisée, traversée par les flots de boue, ne restent jeudi que des pierres.

- des fusils pour donner l'alerte -

Surtout, la météo qui s'était vraiment réchauffée depuis trois jours inquiétait les villageois qui avaient décidé de monter la garde avec leurs fusils en guise de sirène: ce sont eux qui ont donné l'alerte en tirant en l'air.

Ils ont ainsi sauvé Farida et ses enfants. Assise sur une colline avec quelques affaires sauvées du désastre, elle raconte: "J'ai entendu les coups de feu, il faisait noir, j'ai attrapé les enfants. On a couru se mettre à l'abri et la coulée a dévalé. Je ne voyais pas mon mari... je ne l'ai pas retrouvé".

Le ministère de la gestion des catastrophes naturelles a comptabilisé dix morts et 500 maisons endommagées dans cinq villages alors que les secours progressent encore.

A ce stade, seuls sept corps ont été retrouvés mais d'autres seraient prisonniers de la boue, a indiqué le porte-parole du ministère Omar Mohammadi.

Des équipes de secours, quatre ambulances, des vivres, du matériel de cuisine, de l'eau, des tentes, des couvertures et des vêtements ont été acheminés dans la région, a-t-il affirmé.

"Nos équipes de recherches et de secours sont sur place mais ce sont surtout les villageois, par dizaines qui sont mobilisés" a souligné Mohammad Qasim Haidari, directeur au ministère à Kaboul.

Dans le district touché, les rescapés semblent plutôt livrés à eux-mêmes ; désemparés ils se sont installés sur des hauteurs, comme Adbul Aziz et ses cinq enfants, par crainte d'un nouveau déferlement de boue et d'une montée des eaux. Ils s'apprêtaient jeudi soir à passer la nuit là avec ce qu'ils ont pu sauver de leurs maisons emportées.

Depuis Bruxelles où il assiste au sommet de l'Otan, le président Ashraf Ghani a exprimé "sa profonde tristesse à la suite de l'incident de Peshghor dans lequel tant de gens ont perdu la vie".

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