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CPI: le président philippin Duterte "certain" d'échapper à des poursuites

CPI: le président philippin Duterte
Drogue

(Belga) Le président philippin Rodrigo Duterte est "certain" d'éviter des poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) dans sa guerre meurtrière contre la drogue, a déclaré vendredi son porte-parole après l'annonce d'investigations préliminaires sur des accusations de crime contre l'humanité.

Cet "examen préliminaire" mené par la CPI sur la politique antidrogue de M. Duterte doit permettre à la procureure de l'instance de la Haye de déterminer s'il existe "une base raisonnable" pour ouvrir éventuellement une enquête. Elu dans un fauteuil en 2016, le président Rodrigo Duterte avait promis d'éradiquer le trafic de drogue en faisant abattre des dizaines de milliers de délinquants. Depuis l'élection, près de 4.000 trafiquants et usagers de drogue présumés ont été tués par la police. Les autorités enquêtent également sur plus de 2.000 autres meurtres "commis en relation avec la drogue" par des inconnus. Les défenseurs des droits de l'homme estiment que le nombre réel de tués est plus du triple des chiffres officiels. "Il est tout à fait certain que la procureure (...) n'ira pas au delà d'une investigation préliminaire", a déclaré à la presse le porte-parole du président philippin Harry Roque. D'après M. Roque, un rapporteur spécial des Nations unies sur les meurtres extrajudiciaires avait enquêté en 2007 sur le rôle éventuel de M. Duterte dans 1.069 meurtres commis par des escadrons de la mort à Davao, ville du sud de l'archipel dont il était le maire. Cette mission n'avait pas débouché sur des poursuites à son encontre et le président s'attend à ce qu'il en soit de même cette fois-ci, a-t-il poursuivi. M. Duterte devrait s'exprimer plus tard vendredi sur cette question. Les investigations de la CPI sont les bienvenues car elles permettront de blanchir le président, a encore poursuivi son porte-parole, tout en soulignant que la cour était incompétente. "Nos tribunaux sont capables et prêts à des poursuites sur ces crimes", a-t-il dit. "De plus, ces décès présumés imputés à la guerre contre la drogue sont le résultat d'opérations de police légales et ne sont donc pas des attaques contre des civils, ce qui est un critère des crimes contre l'humanité". La procureure de la CPI Fatou Bensouda a annoncé jeudi l'ouverture simultanée de deux "examens préliminaires" portant sur des crimes au Venezuela, théâtre de troubles politiques meurtriers, et aux Philippines. (Belga)

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