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Crise au Venezuela - Au moins deux morts dans les heurts aux frontières pour défendre l'aide humanitaire

(Belga) Au moins deux personnes ont été tuées samedi dans les violences à la frontière du Venezuela avec le Brésil. Les affrontements ont aussi fait des centaines d'autres blessés à la frontière avec la Colombie. Les tensions ont obligé l'opposition au régime de Nicola Maduro à renoncer à livrer une aide humanitaire attendue avec impatience au Venezuela, mais refusée par le président qui dénonce une tentative déguisée d'intervention américaine.

Au moins deux personnes ont été tuées, dont un garçon de 14 ans, et plus de 300 blessées au cours de la journée: les deux personnes décédées ont été tuées par balles dans des heurts qui ont fait également plus d'une trentaine de blessés à la frontière avec le Brésil. Une ONG locale, Foro Pena, a accusé les militaires vénézuéliens d'avoir ouvert le feu sur la foule qui réclamait le passage des convois humanitaires. Une femme avait déjà été tuée au même endroit vendredi. Côté colombien, les autorités ont fait état de 285 blessés parmi les manifestants mobilisés pour exiger le passage des convois. Face à cette violence, le gouvernement colombien, soutien affiché de M. Guaido, a ordonné le retour des camions "pour protéger l'aide" et dénoncé des "violations des droits humains". "Cette action pacifique et de caractère humanitaire a été interrompue depuis le Venezuela sous le régime usurpateur de Maduro avec une répression violente et disproportionnée", a insisté devant la presse le ministre colombien des Affaires étrangères, Carlos Holmes Trujillo, dans la ville frontalière de Cucuta. Par ailleurs, la marine vénézuélienne a menacé de tirer sur un navire parti mercredi du territoire américain de Porto Rico avec de l'aide humanitaire à son bord. Selon le gouverneur de l'île, Ricardo Rossello, le bâtiment "a reçu des menaces directes de tir de la part de vaisseaux vénézuéliens" et a dû rebrousser chemin. Juan Guaido, 35 ans, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, avait fixé la journée de samedi comme date-butoir pour la livraison de l'aide, stockée aux portes du pays. Il a lancé l'épreuve de force à la mi-journée en annonçant sur Twitter l'entrée au Venezuela d'un premier convoi via la frontière brésilienne. Mais aucun camion n'a pu pénétrer dans le pays dévasté par la crise. Outre la fermeture des grands ponts avec la Colombie et celle de la frontière terrestre avec le Brésil, M. Maduro a suspendu les liaisons avec l'île néerlandaise de Curaçao, autre point de stockage de l'aide. (Belga)

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