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Cuba: Washington renonce à autoriser des plaintes contre des entreprises étrangères

(Belga) Les Etats-Unis n'ont pas mis à exécution leur menace d'ouvrir la voie à des milliers d'actions en justice contre des entreprises étrangères, notamment européennes, présentes à Cuba, limitant pour l'instant leur décision, essentiellement symbolique, à des entités cubaines.

Le chapitre III de la loi Helms-Burton de 1996 permettrait théoriquement, notamment aux exilés cubains, de poursuivre devant les tribunaux fédéraux américains les entreprises qui ont réalisé des gains grâce à des sociétés nationalisées après la révolution de 1959 dans l'île des Caraïbes. Mais les présidents américains successifs ont toujours suspendu cette clause tous les six mois, pour éviter de froisser les pays alliés des Etats-Unis dont les entreprises seraient menacées. Lors de l'adoption de la loi, en 1996, le département d'Etat américain avait estimé qu'il existait jusqu'à 200.000 plaintes potentielles, qui ont donc été gelées et pourraient être remises en selle si cet article était pleinement activé. Or, l'administration de Donald Trump, qui accuse Cuba de faire partie d'une "troïka de la tyrannie" en Amérique latine, avec le Venezuela et le Nicaragua, avait menacé ces dernières semaines d'activer le chapitre III. L'Union européenne, premier investisseur étranger sur l'île, était montée au créneau contre cette hypothèse. Finalement, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a certes annoncé lundi que certaines plaintes allaient être pour la première fois autorisées dans le cadre de cette loi, à compter du 19 mars. Mais cela ne concerne en fait qu'une liste limitée d'entités et entreprises cubaines, pour l'essentiel contrôlées au moins partiellement par l'armée, le renseignement ou les services de sécurité cubains. Même en cas de co-entreprise entre des sociétés étrangères et cubaines, "vous ne pouvez attaquer que l'entité cubaine", "cette action n'autorise pas de poursuites contre une compagnie européenne, japonaise ou d'un autre pays tiers", a assuré lundi une responsable du département d'Etat. "Cela n'a pas pour but d'affecter les sociétés européennes qui investissent actuellement à Cuba", a-t-elle ajouté, reconnaissant que les "inquiétudes" des alliés de Washington avaient été prises en compte par Mike Pompeo. Les Etats-Unis veulent toutefois maintenir la pression sur Cuba, au moment où ils accusent aussi les autorités de La Havane de soutenir le régime de Nicolas Maduro au Venezuela, qu'ils tentent par tous les moyens de pousser vers la sortie. La suspension du chapitre III de la loi Helms-Burton pour l'ensemble des autres plaintes n'est ainsi renouvelée cette fois que pour un mois, jusqu'au 17 avril, pour observer les effets de la décision annoncée lundi et éventuellement la modifier. (Belga)

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