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De l'insurrection à la mise en accusation: une semaine où l'Amérique a basculé

De l'insurrection à la mise en accusation: une semaine où l'Amérique a basculé
Des partisans du président Donald Trump devant le Capitole à Washington le 6 janvier 2021ALEX EDELMAN
 
 

La Chambre des représentants devrait mettre Donald Trump en accusation mercredi, pour "incitation à l'insurrection" liée aux violences du Capitole, ce qui ferait du milliardaire républicain le premier président à être mis en accusation deux fois.

Voici une chronologie des principaux événements ayant mené à ce vote historique dans l'hémicycle contrôlé par les démocrates:

- Meeting de Trump -

Alors que le Congrès américain siège le 6 janvier pour certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle, Donald Trump intervient lors d'un rassemblement de ses partisans près de la Maison Blanche.

Il y réitère ses accusations infondées d'une élection "volée" et encourage ses supporteurs à se rendre devant le Capitole.

S'il leur demande de défiler "pacifiquement et de façon patriotique", son discours est toutefois parsemé de remarques incendiaires qui chauffent l'assistance à blanc.

"Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts", harangue-t-il. "Battons-nous pour Trump", lui répond la foule.

- Mike Pence sous pression -

Pendant son discours, Donald Trump exhorte également son vice-président, Mike Pence, qui préside la séance de certification des résultats du collège électoral, de faire preuve de "courage" et de bloquer ce processus.

Mais alors même que le président est sur scène, Mike Pence décline, dans une lettre, soulignant que la Constitution lui accorde un rôle essentiellement protocolaire qui ne lui permet pas de faire ce que Donald Trump lui demande.

- Le Capitole envahi -

Au moment où le Sénat et la Chambre des représentants comptent les votes pour certifier le résultat de l'élection, des milliers de partisans de Donald Trump prennent d'assaut le Capitole, cassant des fenêtres, défonçant des portes et submergeant les forces de l'ordre, largement dépassées.

Les parlementaires sont mis à l'abri, alors qu'une foule hargneuse erre dans les couloirs du Congrès, chantant "Pendez Mike Pence" et "Où est Nancy?", en référence à la présidente démocrate de la chambre basse, Nancy Pelosi.

Lors de ces événements, cinq personnes perdent la vie, dont une supportrice de Donald Trump, touchée par un tir d'un agent de sécurité, et un policier qui, tabassé par des émeutiers, décède à l'hôpital.

Des parlementaires, ainsi que ses propres conseillers, appellent Donald Trump à stopper ses partisans. Il s'exécute enfin dans un tweet et une brève vidéo où il leur demande de "rentrer à la maison", tout en leur lançant: "On vous aime. Vous êtes uniques."

- La victoire de Biden certifiée -

Plusieurs heures plus tard, après le départ de tous les émeutiers et la sécurisation du Capitole, le Congrès reprend séance et certifie définitivement l'élection à l'aube, autour de 04H00 du matin jeudi (09H00 GMT).

Plusieurs sénateurs républicains qui comptaient s'opposer à la certification des résultats de certains Etats remportés par Joe Biden abandonnent cette idée suite aux violences, mais pas tous.

- Démissions en série et suspension sur Twitter -

Jeudi, Donald Trump est confronté à une série de démissions de responsables de son administration, dont ses ministres des Transports Elaine Chao et de l'Education Betsy DeVos.

Le chef de la police du Capitole présente à son tour sa démission.

Après avoir temporairement suspendu le compte du président républicain, Twitter annonce vendredi que la suspension est définitive, citant un "risque de nouvelles incitations à la violence". Facebook suspend les comptes du milliardaire pour une durée indéterminée.

- Ultimatum de Pelosi -

Vendredi, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, appelle Donald Trump à démissionner et estime qu'en cas de refus du président, Mike Pence devrait le démettre de ses fonctions en invoquant le 25e amendement de la Constitution.

Si ce dernier refuse, prévient-elle, la Chambre mettra Donald Trump en accusation pour la seconde fois, une situation inédite dans l'histoire des Etats-Unis.

- Vote sur la destitution -

Mardi soir, Mike Pence écarte la possibilité d'invoquer le 25e amendement de la Constitution pour démettre le président de ses fonctions.

La Chambre des représentants commence mercredi matin les débats sur la mise en accusation de Donald Trump.

Des républicains pourraient soutenir cette initiative, à l'image de la numéro 3 du parti conservateur de cette assemblée, Liz Cheney.

Une mise en accusation mènerait à un procès au Sénat mais le calendrier en est très incertain, car la chambre haute n'est pas censée siéger avant le 19 janvier, à la veille de l'investiture de Joe Biden, dont les premiers mois en tant que 46e président pourraient s'en trouver perturbés.




 

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