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Débats démocrates: les femmes à l'offensive, la question raciale au grand jour

Vingt candidats, plusieurs heures de discussions et des échanges passionnés, voire tendus: voici les enseignements-clés des premiers débats démocrates, qui ont donné l'occasion aux électeurs de mieux connaître celles et ceux qui veulent en découdre avec Donald Trump en 2020.

Des femmes en pole position

Elizabeth Warren, Kamala Harris: les deux sénatrices ont fait forte impression.

A 54 ans, l'ancienne procureure Kamala Harris a fait le pari de la confrontation jeudi soir avec celui qui est pour l'instant en tête des sondages, l'ancien vice-président Joe Biden.

C'est elle, née d'un père jamaïcain et d'une mère indienne, qui a signé ce qui restera probablement comme l'épisode le plus marquant des deux soirées, quand elle a accusé l'ex-numéro 2 de Barack Obama de l'avoir blessée en évoquant ses relations "courtoises" avec deux élus ségrégationnistes.

La veille, Elizabeth Warren, 70 ans, qui a lentement mais sûrement grignoté du terrain face aux sceptiques en présentant un programme solide et soigneusement préparé, avait confirmé son statut de prétendante sérieuse, dominant les échanges avec les plus "petits" candidats par ses propos clairs et déterminés.

Rien n'est joué

A 17 mois de la présidentielle, la course reste très ouverte.

Joe Biden n'a pas brillé par sa performance mais n'a pas dit son dernier mot, de nombreux électeurs disant voir en lui l'une des rares personnes expérimentées et capables de battre Donald Trump.

Socialiste revendiqué, le sénateur Bernie Sanders, 77 ans, a été fidèle à lui-même et reste l'un des principaux candidats même si d'autres le bousculent sur sa gauche. Il a martelé son discours contre les "inégalités économiques", défendant sans relâche un système de santé gratuit pour tous.

Le benjamin de la course, le maire Pete Buttigieg, 37 ans, a séduit par une position jugée réaliste. Et même s'il a fait montre de sa confiance en lui, beaucoup ont dit apprécier qu'il ait reconnu ne pas avoir réussi à nommer davantage de policiers noirs dans sa ville, ce qui a été considéré comme honnête et rare en politique.

Mercredi, c'est l'ancien maire de San Antonio au Texas, Julian Castro, qui avait créé la sensation lors des échanges sur l'immigration, affichant ses origines mexicaines et sa connaissance du dossier, se plaçant ainsi sur la carte des présidentiables.

A gauche toute

Assurance maladie, immigration, droit à l'avortement: ce sont des démocrates pour beaucoup très à gauche que l'on a vus mercredi et jeudi.

Alors qu'en 2016, Bernie Sanders était considéré comme radical, cette fois d'autres candidats ont fait des propositions fortes et s'en sont pris à Wall Street.

Ainsi, le projet phare d'Andrew Yang, homme d'affaires quadragénaire d'origine taïwanaise, est un revenu de 1.000 dollars par mois pour chaque Américain de plus de 18 ans.

Tous ont dit être en faveur du droit à l'avortement, en ce moment menacé dans plusieurs Etats américains.

Elizabeth Warren, Bernie Sanders et le maire de New York Bill de Blasio ont en outre dit être en faveur de la suppression des assurances maladie privées.

Sur l'immigration, plusieurs d'entre eux ont plaidé pour une réforme profonde du système, Julian Castro affirmant que s'il était élu président, il signerait "un décret pour annuler la politique de tolérance zéro de Trump".

La question raciale

Les discriminations persistantes contre les Noirs ont été l'une des questions marquantes des débats.

Mercredi, le sénateur Cory Booker, alors seul candidat noir sur le plateau, a multiplié les références aux difficultés encore criantes rencontrées par les minorités.

Le lendemain, c'est Kamala Harris qui a repris le flambeau. Dans une intervention clairement préparée à l'avance, elle a accusé Joe Biden de s'être opposé à la politique publique qui permettait de transporter des enfants des quartiers noirs jusque dans des écoles à majorité blanche.

"Il y avait une petite fille en Californie qui appartenait à la deuxième génération à aller dans son école publique, en bus chaque jour. Cette petite fille, c'était moi", a-t-elle lancé. Un peu plus tard, son compte Instagram mettait en vente, pour une trentaine de dollars, un t-shirt arborant une photo d'elle petite fille.

"Vieux" contre "jeunes"

Alors que trois des principaux candidats -Biden, Warren et Sanders- sont septuagénaires, certains ont attaqué sur la question du renouvellement.

Il y a 32 ans, "j'avais six ans quand un candidat à la présidentielle (...) a dit qu'il était temps de passer le témoin à une nouvelle génération d'Américains. Ce candidat, c'était le sénateur Joe Biden", a lancé Eric Swalwell, un élu de Californie. "Passez le témoin!", a-t-il insisté.

Biden, 76 ans, ne s'est pas laissé démonter: "je garde le témoin", a-t-il rétorqué, avant que Bernie Sanders n'intervienne en tant que "membre de la génération de Joe" pour dire que le problème n'était "pas générationnel".

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