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Depuis l'Irak, les rebelles kurdes iraniens resserrent les rangs après un raid sanglant

Sur le mur, un homme recouvre de peinture rouge chaque éclat laissé par les missiles iraniens: au milieu des décombres de leur base arrière en Irak, les rebelles kurdes iraniens disent réorganiser leurs rangs après un bombardement qui a laissé "un immense vide" dans leur direction.

Parmi les hommes et les femmes en armes qui tentent de sauver ce qui peut encore l'être au milieu des gravats et de la ferraille tordue qui pend des plafonds et des murs, certains portent encore des bandages, d'autres se remettent du choc de samedi.

Ce jour-là, alors que les dirigeants du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI) étaient réunis en Congrès à Koysinjaq, leur base arrière dans la montagne irakienne, à une centaine de kilomètres à l'est d'Erbil, les Gardiens de la Révolution, l'armée d'élite iranienne, ont frappé.

Ils ont indiqué avoir tiré sept missiles contre ce mouvement, le plus ancien parti autonomiste kurde d'Iran interdit après la Révolution islamique et que Téhéran considère comme une organisation terroriste.

Selon le PDKI, 15 personnes ont été tuées dans cette attaque menée sur l'ancien fort militaire du régime de Saddam Hussein où le PDKI a pris ses quartiers.

Téhéran a assuré agir en représailles à plusieurs incursions armées récentes de ce mouvement qui semble avoir repris des opérations en territoire iranien depuis 2016, après une longue trêve.

"Les victimes ont évidemment laissé un grand vide et nous avons subi une lourde perte car (les dirigeants décédés) avaient de l'expérience et de l'expertise dans la politique", affirme à l'AFP Moustapha Mouloudi, le secrétaire général du PDKI, lui-même légèrement blessé lors du bombardement.

"Malgré tout, le PDKI peut combler ce vide via son Comité central et son règlement légal", poursuit l'homme, en habit traditionnel kurde.

"Nous avons toujours considéré l'Iran comme un danger pour nous, ce bombardement a rendu ce sentiment plus fort", ajoute le dirigeant politique depuis Koysinjaq, à une centaine de kilomètres à l'est d'Erbil. Il assure encore que l'Iran et l'Irak "coopèrent politiquement".

Bagdad avait rapidement dénoncé le raid iranien comme "une violation de sa souveraineté", tout en ajoutant "refuser que son sol soit utilisé pour menacer des pays voisins".

L'armée iranienne, elle, a exhorté les autorités de Bagdad et du Kurdistan irakien à "livrer" ou "expulser" les membres du PDKI, selon l'agence semi-officielle Isna, sous peine de nouvelles frappes.

Selon Isna, le chef d'état-major, le général de division Mohammad Bagheri a affirmé que le Kurdistan avait, par le passé, essayé "d'empêcher" les infiltrations de commandos sur le territoire iranien, avant de cesser récemment, "encouragé par les États-Unis".

Peuple sans État, les Kurdes sont présents en Turquie, en Syrie, en Irak et en Iran, où ils représenteraient environ 10% de la population.

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