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Des détenus se mettent en grève dans les prisons américaines

(Belga) Un mouvement de protestation a démarré mardi et devait se prolonger jusqu'au 9 septembre dans les établissements pénitentiaires américains, à l'appel d'associations militant pour une amélioration de la vie des détenus et "la fin de l'esclavage en prison".

"Les détenus comprennent qu'ils sont traités comme des animaux (...) Les prisons américaines sont des zones de guerre (...) C'est, pour certains d'entre nous, comme si nous étions déjà morts. Qu'avons-nous donc à perdre? ", dénonce dans un communiqué le collectif de détenus Jailhouse Lawyers Speak, à l'origine du mouvement. Soutenu par plusieurs associations de défense des droits civiques, le collectif a établi une liste de dix demandes dont "l'amélioration immédiate des conditions" de détention, le droit de vote pour l'ensemble des détenus ou "la fin de l'esclavage en prison". De nombreux détenus américains sont contraints de travailler en prison -cuisine, ménage, tonte de la pelouse, etc- pour des salaires dérisoires. Le 13e amendement de la Constitution des Etats-Unis a aboli l'esclavage, à une exception: "comme châtiment d'un crime pour lequel la partie aura été dûment condamnée". Les détenus sont invités dans l'ensemble du pays à arrêter de travailler, à engager des grèves de la faim et à participer à des sit-ins pacifiques. Leur mouvement est soutenu par l'ACLU, puissante organisation de défense des droits civiques, pour laquelle "les gens courageux qui attirent l'attention sur la politique d'incarcération de masse des Etats-Unis (...) méritent notre admiration". "Nous demandons à l'administration pénitentiaire de ne pas répondre par des mesures de représailles", ajoute dans un communiqué Udi Ofer, directeur de la campagne de l'ACLU pour une justice équitable. Les Etats-Unis ont le taux d'incarcération le plus élevé au monde: près de 2,2 millions de personnes y étaient derrière les barreaux fin 2016, selon des chiffres du ministère de la Justice. Des détenus avaient déjà protesté de façon similaire en 2016 dans plusieurs prisons américaines, dont certaines avaient été placées en confinement à la suite de "troubles". Les dates choisies pour ce nouveau mouvement sont symboliques: le 21 août marque le 47e anniversaire de la mort du militant des Black Panthers George Jackson, tué par un surveillant de la prison d'Attica, où avait éclaté le 9 septembre 1971 une mutinerie historique, matée quatre jours plus tard dans une répression sanglante. (Belga)

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