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Des employés d'Oxfam accusés d'avoir organisé des orgies en mission: la Grande-Bretagne menace de couper les subsides

Des employés d'Oxfam accusés d'avoir organisé des orgies en mission: la Grande-Bretagne menace de couper les subsides

Que s'est-il passé au sein d'Oxfam? Il y a deux jours, on apprenait que des responsables de l'ONG, dont un Belge, étaient soupçonnés d'avoir engagé de jeunes prostituées alors qu'ils étaient en opération à Haïti. Ce dimanche, un média britannique révèle que des faits semblables ont aussi eu lieu au Tchad. Furieux, le gouvernement anglais menace les organisations humanitaires de ne plus les financer si elles ne font pas le ménage parmi leur personnel. Le point de nos journalistes Sébastien Rosenfeld et Gaëtan Lillon.

La menace émane du gouvernement britannique: les organisations humanitaires doivent tout faire pour éliminer les cas d’abus sexuels ou leurs financements seront coupés. Oxfam en premier lieu. La ministre en charge du Développement international convoque demain ses dirigeants
"Une organisation se doit d’avoir le sens moral pour faire ce qui est juste. Lorsqu’elle a la preuve d’activités criminelles, elle doit transmettre les informations aux autorités judiciaires compétentes. Ne pas le faire est une absence de bonne conduite", annonce la ministre Penny Mordaunt.


Des faits survenus il y a plusieurs années

A l’origine du scandale, des faits qui se sont déroulés en 2010 lors des opérations menées par Oxfam après le tremblement de terre en Haïti. Six employés, dont le responsable sur place, le Belge Roland Van Hauwermeiren, auraient organisé des orgies avec des prostituées payées avec l’argent de l’organisation humanitaire. "Nous sommes devant des faits qui sont tout à fait inacceptables. Je pourrais me cacher derrière le fait qu'il ne s'agit pas de personnes qui étaient sous contrat avec Oxfam en Belgique, mais bien avec Oxfam Grande-Bretagne, mais je ne vais pas le faire puisqu'on est de plus en plus une seule grande organisation et nous essayons d'avoir une seule culture", réagit Stefaan Declercq, secrétaire général d'Oxfam Belgique.


"Il est clair que c'est une affaire de dissimulation"

Notre ressortissant démissionne, comme trois autres personnes impliquées, sans subir de sanctions disciplinaires avant les résultats de l’enquête en août 2011. Reste à savoir si Oxfam a volontairement étouffer l’affaire à l’époque. "Il est clair que c'est une affaire de dissimulation: le fait que ces gens aient été autorisés à quitter le pays sans aucune punition, sans même en informer les autorités haïtiennes concernées, c'était une dissimulation", indique Bocchit Edmond, ambassadeur d'Haïti en Grande-Bretagne.


Aussi au Tchad

Les accusations contre l’ex-directeur belge se multiplient. Selon la version dominicale du Guardian, il serait aussi à l’origine de soirées sexuelles au Tchad, il y a 10 ans.

Le secrétaire d’Oxfam-Solidarité Belgique se dit une fois de plus choqué par ces révélations, et précise qu’un système d’alerte existe pour dénoncer ces comportements. Il appelle à un échange d’informations pour mieux identifiés le personnel humanitaire impliqué dans ce type d’affaire.

Selon les médias britanniques, plus de 120 employés des plus grandes ONG ont été accusés d’abus sexuels l’année dernière.

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