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Des milliers de Kurdes défilent à Strasbourg pour la libération d'Öcalan

Des milliers de Kurdes défilent à Strasbourg pour la libération d'Öcalan
Plusieurs milliers de Kurdes défilent, le 17 février 2018 à Strasbourg pour réclamer la libération de leur chef historique Abdullah Öcalan, emprisonné en TurquiePATRICK HERTZOG

Plusieurs milliers de Kurdes ont défilé samedi à Strasbourg pour réclamer comme chaque année la libération de leur chef historique Abdullah Öcalan, emprisonné en Turquie, mais aussi protester contre l'offensive turque dans l'enclave kurde d'Afrine en Syrie.

Parti en fin de matinée des alentours de la gare de Strasbourg pour rejoindre, sous importante escorte policière, le quartier de la Meinau, le rassemblement a réuni 11.000 personnes selon la police, et entre 25.000 et 30.000 personnes selon les organisateurs.

"La participation a été bonne malgré la météo très mauvaise, les gens étaient très motivés", a indiqué à l'AFP une porte-parole du rassemblement. Au terme d'un meeting, la foule s'est dispersée sans incident en milieu d'après-midi.

Agitant de nombreux drapeaux kurdes et d'autres à l'effigie de leur leader et exigeant la "liberté pour Öcalan" ("Freedom for Öcalan"), les manifestants, venus de toute l'Europe et particulièrement d'Allemagne, ont défilé sous la pluie et la neige.

Ce grand rassemblement kurde se tient à Strasbourg, ville du Conseil de l'Europe et de la Cour européenne des droits de l'Homme, chaque année depuis l'arrestation en 1999 d'Abdullah Öcalan. Le chef de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est détenu sur l'île-prison d'Imrali, située au large d'Istanbul.

"Je suis là pour deux raisons: la première est l'emprisonnement du dirigeant du PKK et l'autre est à cause de cette ville kurde qui est bombardée par les Turcs", a déclaré à l'AFP Newroz, 27 ans, blottie sous son parapluie, drapeau à la main.

Ankara a déclenché le 20 janvier une offensive sur Afrine contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) qualifiée de "terroriste" par la Turquie mais alliée des Etats-Unis dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Dans le cortège, des banderoles réclamant à l'ONU "de prendre (sa) responsabilité et d'arrêter le génocide à Afrine" ("UN, Take your responsibility and stop the genocide in Efrin") côtoyaient celles arborant la photo du leader moustachu du PKK.

"Erdogan devient très agressif envers les Kurdes et la situation s'envenime beaucoup, année après année, mois après mois", estime Newroz, venue de Fribourg dans l'ouest de l'Allemagne, avec sa soeur et des amis.

Ökce, 58 ans, Allemand de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, participe également chaque année à la grande marche de Strasbourg. Selon lui, "Erdogan est un dictateur à 100%, chaque Européen doit le savoir".

La situation en Turquie "devient sans cesse pire", estime celui qui habite en Allemagne depuis 25 ans mais retourne régulièrement en Turquie et regrette trop peu de réactions de l'Union européenne.

La manifestation annuelle kurde de Strasbourg avait rassemblé près de 15.000 personnes en 2017.

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