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Des procureurs espagnols interrogent une ex-maîtresse de Juan Carlos

Des procureurs espagnols interrogent une ex-maîtresse de Juan Carlos
L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos le 6 décembre 2018 à MadridOSCAR DEL POZO

Des procureurs espagnols ont interrogé jeudi à Londres une ex-maîtresse allemande de l'ancien roi Juan Carlos qui avait auparavant affirmé que le souverain avait touché une commission sur un contrat en Arabie saoudite, ont indiqué des sources judiciaires.

Deux médias espagnols avaient publié en juillet 2018 des enregistrements où Corinna zu Sayn-Wittgenstein assurait que Juan Carlos avait touché une rétro-commission lors de l'attribution en 2011 à des entreprises espagnoles d'un contrat pour un train à grande vitesse (AVE) entre La Mecque et Médine.

Ces enregistrements avaient été effectués par le sulfureux commissaire Villarejo, actuellement en prison, qui a enregistré nombre de conversations avec des politiques ou entrepreneurs espagnols à leur insu.

La femme d'affaires allemande a été interrogée jeudi dans la capitale britannique, où elle réside notamment, en qualité de témoin par des procureurs du parquet anti-corruption de Madrid, selon des sources judiciaires.

Le parquet a décidé en fin d'année dernière d'enquêter afin de déterminer s'il existe des éléments suffisants pour déposer une plainte pour corruption dans le cadre de transactions commerciales internationales.

Selon ces sources judiciaires, l'enquête s'intéresse aux entrepreneurs qui auraient versé des commissions plus qu'à l'ex-roi Juan Carlos lui-même, qui était chef de l'Etat au moment des faits et bénéficiait donc de l'immunité. Le souverain a abdiqué en 2014 au profit de son fils Felipe VI.

"Notre cliente a été ravie de témoigner volontairement à Londres pour transmettre précisément aux autorités ce que des tiers lui ont dit sur l'accord de l'AVE", a indiqué dans un communiqué son avocat, Robin Rathmell, soulignant les "faits limités" dont elle avait connaissance.

"Les accusations sérieuses dans les médias sur les affaires financières du roi émérite existent depuis des décennies. S'il y a l'intention réelle d'enquêter correctement sur l'accord de l'AVE et d'autres accusations, cela revient au système judiciaire espagnol et à l'Espagne", a-t-il ajouté.

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