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Trump et l'Ukraine: d'un échange téléphonique à l'acquittement au procès en destitution

Trump et l'Ukraine: d'un échange téléphonique à l'acquittement au procès en destitution
Un opposant à Donald Trump devant le Sénat lors du procès en destitution du président américain le 29 janvier 2020 à Washington Brendan Smialowski

Un échange téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky s'est transformé en scandale d'Etat, débouchant sur le procès en destitution historique du président américain, finalement acquitté par le Sénat: retour sur les grandes dates de l'affaire ukrainienne.

- 25 juillet: appel Trump/Zelensky -

Quelques jours après avoir gelé le versement d'une aide militaire de 400 millions de dollars à l'Ukraine, Donald Trump demande une "faveur" au président Zelensky: que Kiev enquête sur Joe Biden, ancien vice-président démocrate et potentiel adversaire à la présidentielle de novembre 2020, et sur le groupe gazier ukrainien Burisma un temps soupçonné de malversations, où siège comme administrateur le fils de M. Biden, Hunter.

Un membre du Conseil de sécurité nationale, qui assiste à la conversation, signale un échange "inapproprié" aux services juridiques de l'instance.

L'aide sera finalement autorisée le 11 septembre, à la suite de révélations dans la presse.

- 12 août: le lanceur d'alerte -

Un membre des services de renseignement accuse, dans un signalement à sa hiérarchie, Donald Trump d'avoir "sollicité l'ingérence" de l'Ukraine dans la campagne pour sa réélection en 2020.

Le 9 septembre, l'inspecteur général des services de renseignement, Michael Atkinson, informe le Congrès de ce signalement, sans en révéler le contenu.

- 24 septembre: enquête à la Chambre -

Après l'audition à huis clos de Michael Atkinson, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, annonce l'ouverture d'une enquête de mise en accusation ("impeachment") en vue d'une destitution du président. Adam Schiff, patron de la commission du Renseignement à la Chambre, dirigera les investigations.

M. Trump dénonce une "chasse aux sorcières". Lors d'un entretien à New York avec le président américain, M. Zelensky assure qu'il n'y a eu aucune "pression".

Pour les républicains, il n'y a pas de "donnant-donnant" puisque les Ukrainiens ignoraient le gel de l'aide jusqu'aux révélations de la presse.

- 13-21 novembre: auditions publiques -

La commission d'enquête débute les auditions publiques, après avoir entendu en octobre une dizaine de témoins à huis clos.

L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne Gordon Sondland, affirmant avoir suivi les "ordres" de Donald Trump, confirme l'existence d'un "donnant-donnant".

Mais le président ne lui a "jamais dit directement que l'aide" militaire faisait partie du marché et il admet que le lien entre les deux affaires et le fruit de sa "propre déduction".

- 18 décembre: Trump mis en accusation -

Donald Trump est mis en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès", lors d'un vote d'"impeachment" à la Chambre des représentants, à majorité démocrate. Aucun républicain ne vote pour.

Il est accusé d'avoir "conditionné une invitation à la Maison Blanche et une aide militaire à l'Ukraine à l'annonce d'enquêtes favorables à sa campagne" et il d'avoir "entravé" le travail du Congrès en interdisant à des membres de l'administration de collaborer.

- 16 janvier: début du procès -

Le procès en destitution du président s'ouvre au Sénat. Les 100 sénateurs (53 républicains, 47 démocrates et affiliés) prêtent serment et écoutent en silence les arguments de l'accusation et de la défense. Selon les avocats de M. Trump, les faits reprochés au président ne sont pas passibles d'une destitution.

- 5 avril: Trump acquitté -

Le Sénat acquitte Donald Trump des charges pesant contre lui après avoir rejeté la demande des démocrates d'entendre de nouveaux témoins, dont l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton, qui confirme l'existence d'un "donnant-donnant" dans un livre à paraître.

Le vote suit les lignes partisanes, à l'exception de la voix de Mitt Romney pour le premier chef d'inculpation. Cinquante-deux sénateurs ont estimé que le président n'était pas coupable d'abus de pouvoir. Ils étaient 53 à estimer que Donald Trump ne s'est pas rendu coupable d'entrave à la bonne marche du Congrès.

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