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Trois Palestiniens tués par des tirs israéliens (ministère à Gaza)

Trois Palestiniens tués par des tirs israéliens (ministère à Gaza)
Des manifestants palestiniens sous des tirs de gaz lacrymogènes israéliens, le 5 octobre 2018 à l'est de la ville de Gaza.Said KHATIB
ISRAEL

Trois Palestiniens, dont un adolescent de 14 ans, ont été tués vendredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza lors de manifestations et de heurts le long de la frontière, a indiqué le ministère gazaoui de la Santé.

Fares Hafez al-Sersaoui, 14 ans, et Mahmoud Akram Mohammed Abou Samane, 24 ans, ont tous deux été atteints par des tirs israéliens dans la poitrine à l'est de la ville de Gaza, a dit à l'AFP le porte-parole du ministère, Achraf al-Qodra.

Hussein al-Raqab, 28 ans, est mort après avoir été atteint d'une balle à la tête à l'est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, selon la même source.

Par ailleurs, 376 personnes ont été blessées, dont 126 par balles, et sept sont dans un état critique, parmi lesquelles un secouriste bénévole, a ajouté le ministère.

L'armée israélienne a rapporté qu'environ 20.000 Palestiniens avaient pris part en plusieurs points de la frontière à cette nouvelle protestation, la dernière en date d'une mobilisation en cours depuis plusieurs mois.

Elle a fait état de jets de grenades, d'engins explosifs et de pierres vers ses soldats postés derrière la barrière de plusieurs mètres de haut séparant Israël de l'enclave palestinienne.

L'armée a riposté à balles réelles et à l'aide de projectiles anti-émeutes, selon elle. Un appareil a aussi mené deux frappes dans le nord de l'enclave, a-t-elle ajouté sans plus de détails.

Interrogée au téléphone par l'AFP, l'armée a dit ne pas être en mesure de s'exprimer sur les circonstances dans lesquelles les Palestiniens avaient été tués.

Depuis le 30 mars, Gaza, dirigée par le mouvement islamiste Hamas, ennemi d'Israël, est le théâtre d'une vaste mobilisation contre le blocus imposé depuis plus de dix ans par l'Etat hébreu. Les manifestants réclament aussi le droit au retour des Palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés ou qu'ils ont fuies à la création d'Israël en 1948.

Souvent violentes, ces manifestations près de la barrière frontalière étroitement gardée par l'armée israélienne sont plusieurs fois allées de pair avec des échanges de tirs de roquettes, d'obus et de missiles entre groupes armés gazaouis et armée israélienne.

Au moins 198 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le 30 mars, tandis qu'un soldat israélien est mort.

Israël soutient défendre ses soldats, son territoire et les populations civiles vivant près de la barrière. L'armée israélienne accuse le Hamas d'orchestrer la contestation et de se servir des manifestants, y compris d'enfants, pour couvrir ses activités hostiles.

Le Hamas est considéré par Israël comme une organisation "terroriste".

Après une relative accalmie, les dernières semaines ont vu une recrudescence de la mobilisation. L'absence apparente de progrès significatif dans les efforts diplomatiques en vue d'une trêve durable, et la persistance des dissensions entre organisations rivales font redouter une nouvelle escalade à Gaza.

Gaza a connu trois guerres depuis 2008 entre Israël et le Hamas et ses alliés. Soumise aux blocus israélien et égyptien, l'enclave palestinienne est affligée par la pauvreté et les pénuries. Son économie est "en chute libre", selon la Banque mondiale.

L'armée israélienne avait annoncé jeudi renforcer son déploiement. Les dirigeants israéliens avaient aussi mis en garde le Hamas.

"Si le Hamas vient à croire que cette détresse (dans l'enclave) l'autorise à attaquer Israël, il commettra une très grande erreur. Notre réponse sera très, très dure", a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

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