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Deux surveillants agressés à la prison du Havre par un détenu condamné pour terrorisme

Deux surveillants agressés à la prison du Havre par un détenu condamné pour terrorisme
Le centre pénitentiaire du Havre, au Havre le 20 juin 2019Damien MEYER

Deux surveillants ont été légèrement blessés jeudi matin au centre pénitentiaire du Havre par un détenu condamné pour des faits de terrorisme et des syndicats ont dénoncé une gestion inadaptée des détenus radicalisés.

Les faits se sont déroulés à 07H00, à l'ouverture de la cellule. Le détenu de 25 ans condamné en 2017 pour participation à association de malfaiteurs en vue de commettre un acte terroriste, a frappé les deux agents avec un pied de la table en fer de la cellule. Écroué en 2015, il était libérable en 2022. Selon les syndicats il a crié à plusieurs reprises "Allah akbar". Selon FO, il a aussi utilisé un morceau de miroir.

Le parquet de Paris a annoncé à la mi-journée se saisir du dossier, sans toutefois attribuer une qualification terroriste à ces violences, en raison de la compétence de sa section antiterroriste pour toutes les infractions commises par des détenus impliqués dans des affaires de terrorisme.

L'enquête est ouverte des chefs de "violences volontaires avec arme et sur personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à 8 jours". Le détenu avait été condamné le 26 juillet 2017 par le tribunal de Paris à sept ans de prison, a précisé le parquet.

Les deux surveillants agressés sont sortis de l'hôpital dans la journée, selon la DAP et FO. Selon Thomas Blothiaux, délégué FO du centre pénitentiaire, "le médecin les a autorisés à reprendre le travail mais la directrice leur a dit que c'était hors de question".

En signe de protestation, leurs collègues n'ont assuré qu'un service minium. Les détenus ont dû rester dans leurs cellules et n'ont eu ni parloirs ni promenade jeudi.

"On demande le transfert des détenus radicalisés dans des établissements spécialisés. Nos quartiers ne sont pas adaptés. On n'a aucune formation. Ici, on a 10 radicalisés regroupés dans une aile mais quand ils vont en activité ou au parloir ils se fondent dans la masse et croisent forcément les 260 autres détenus, ce qui favorise la diffusion de leur message", a déploré M. Blothiaux interrogé par l'AFP.

Les investigations sont confiées à la police judiciaire de Rouen, à la section antiterroriste, la sous-direction antiterroriste et la Direction générale de la sécurité intérieure.

Selon Olivier Duval, délégué CGT au centre de détention du Havre interrogé par l'AFP, une surveillante a été blessée au bras et son collègue à l'épaule, à la jambe et au pouce.

Le détenu, qui a été rapidement maîtrisé, a été placé en quartier disciplinaire, a indiqué la DAP, qui précise que ce détenu était déjà passé en quartier d'évaluation de la radicalisation.

Selon Olivier Duval, ce détenu "était plus que suivi". "On savait qu'il pouvait y avoir des problèmes avec lui à tout moment", a-t-il dit jeudi matin à l'AFP. "C'est l'ébullition (chez les surveillants) dans la prison depuis l'agression", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, le syndicat Ufap-Unsa a dénoncé "la gestion calamiteuse" des détenus radicalisés.

Début mars, à Condé-sur-Sarthe (Orne), Michaël Chiolo, détenu radicalisé, avait agressé deux surveillants avec un couteau en céramique avant de se retrancher avec sa compagne pendant près de 10 heures dans une unité de vie familiale de la prison.

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