Discours haineux: l'ONU appelle Facebook à être "proactif"

Discours haineux: l'ONU appelle Facebook à être
Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, à Genève le 20 août 2018Fabrice COFFRINI
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Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a appelé Facebook à être plus "proactif" face aux discours haineux et s'est inquiété des propos du président Donald Trump accusant Google, Facebook et Twitter d'un manque d'impartialité à son égard.

Cet appel fait suite à la décision inhabituelle de Facebook de bloquer des pages de membres de la junte birmane après des mois de pression pour que le premier réseau social prenne des mesures contre l'armée birmane accusée par l'ONU de "nettoyage ethnique" contre les musulmans rohingyas.

"Lors des premières réunions que nous avons eues avec Facebook, je ne pensais pas qu'ils prenaient cela au sérieux. J'espère qu'ils se sont maintenant réveillés", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein, dont le mandat s'achève fin août.

"Ils doivent être prudents car s'il devait y avoir des procès pour les personnes accusées des pires crimes, nous avons vu dans la jurisprudence du passé que si vous avez (...) été complice, et je ne dis pas que Facebook l'a été, ils pourraient bien être cités à comparaître devant un tribunal", a-t-il ajouté.

"Il pourrait y avoir d'autres situations où Facebook est le média dominant dans un pays où l'on constate une détérioration de la situation des droits de l'Homme et où son rôle serait remis en question", a-t-il encore ajouté.

Le Jordanien, qui sera remplacé par l'ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, a appelé Facebook à "ne pas attendre le début d'une crise" pour agir et à "réfléchir de façon proactive aux mesures à prendre (...) tout en conservant la plus large place à l'exercice de la liberté d'expression".

A ce propos, M. Zeid a fait valoir que l'"autre danger" c'est que les géants de la technologie soient "sur-réglementés, encore une fois en violation des droits de l'Homme", citant les commentaires faits mardi par le président américain à l'égard des réseaux sociaux.

Donald Trump a mis en garde Google, Twitter et Facebook, estimant que les trois réseaux sociaux manquaient d'impartialité à son égard.

Ce n'est pas la première fois que le Haut-Commissaire s'en prend à Donald Trump, qu'il a déjà jugé "dangereux".

En réponse à une question, M. Zeid a relevé que "ces derniers temps, les attaques (de M. Trump) contre les médias et les journalistes ont été très inquiétantes".

"Comme la saison de campagne (électorale) bat son plein, que cela soit pour les élections de mi-mandat ou les élections présidentielles à venir, le comportement du président devrait faire l'objet d'un examen très attentif de la part de la communauté internationale et du bureau" des droits de l'Homme, a-t-il conclu.

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