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Echauffourées à Toulouse: pas de couvre-feu pour mineurs ce soir

Echauffourées à Toulouse: pas de couvre-feu pour mineurs ce soir
Des voitures calcinées sur un parking après une nuit d'échauffourées dans les quartiers du Mirail à ToulouseERIC CABANIS

La mairie de Toulouse ne prendra finalement pas un arrêté de couvre-feu pour mineurs dans les quartiers qui sont depuis trois nuits le théâtre d'échauffourées entre jeunes et policiers car la "situation est sous contrôle", a indiqué à l'AFP le maire LR Jean-Luc Moudenc.

"Le travail de dialogue d’hier (mardi) après-midi avec les habitants (...), avec les services de la mairie et la préfecture, ainsi que l’annonce d’un éventuel couvre-feu, semblent porter leurs fruits", a-t-il ajouté dans une déclaration écrite.

"Les évènements de la nuit passée (de mardi à mercredi) sont sans commune mesure avec ceux des deux nuits précédentes. Les parents ont compris que les enfants n'ont rien à faire dehors la nuit dans ce contexte de violence urbaine", a relevé M. Moudenc.

"Après avoir échangé avec la préfecture, il semble que la situation est sous contrôle grâce au professionnalisme des forces de l’ordre. Pour ces raisons, je ne prendrai pas ce (mercredi) soir un arrêté interdisant la circulation de mineurs la nuit", a poursuivi M. Moudenc.

"Mais, au regard de la fragilité du contexte, je me réserve cette éventualité si la situation devait s'aggraver à nouveau. Je n’hésiterais pas, alors, à prendre mes responsabilités pour protéger les plus jeunes, instrumentalisés par des plus âgés", a-t-il conclu.

Mardi soir, la Ville avait indiqué qu'elle étudiait avec la préfecture "les conditions juridiques pour établir un arrêté de couvre-feu qui viserait les personnes mineures dans le périmètre des quartiers où ont lieu les violences urbaines" dans le Grand Mirail, immense ensemble de 40.000 habitants, en proie à de nombreux trafics de drogue et des règlements de comptes.

Cinq personnes ont été interpellées dans la nuit de mardi à mercredi dans les quartiers du Mirail à Toulouse durant laquelle plusieurs véhicules et des containers poubelles ont été incendiés, a indiqué mercredi le préfet de Haute-Garonne. 18 hommes avaient déjà été arrêtés lundi soir.

"Les incidents ont connu une moindre intensité que les nuits précédentes dans les quartiers de la Reynerie et de Bagatelle (deux quartiers du Grand Mirail NDLR) même si des individus s'en sont pris une nouvelle fois de façon violente aux forces de l'ordre et aux véhicules des habitants du quartier", a souligné le préfet Pascal Mailhos dans un communiqué.

Selon le préfet, "la situation demeure très fragile dans les quartiers du Mirail". "Les forces de l'ordre resteront massivement présentes dans les jours à venir pour éviter toute reprise des incidents", a-t-il insisté.

Cette troisième nuit de violences urbaines intervient après la mort samedi, probablement par suicide, d'un détenu originaire du Mirail et l'interpellation dimanche d'une femme en burqa, qui sera jugée en mai pour "rébellion, outrage et menaces de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique".

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