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Egypte: de la présidence de Morsi à son décès

Rappel des étapes-clés de la présidence de Mohamed Morsi, décédé lundi, premier civil élu à la tête de l'Egypte en 2012, puis destitué au bout d'un an par l'ex-chef de l'armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi.

- Premier président civil -

Le 30 juin 2012, le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi, élu avec 51,73% des voix, prête serment, succédant à Hosni Moubarak, contraint à la démission par une révolte populaire en février 2011.

Il est le premier chef d'Etat égyptien issu d'un scrutin libre. Il est aussi le premier islamiste et le premier civil à devenir chef de l'Etat depuis la chute de la monarchie en 1952, ses prédécesseurs étant tous sortis des rangs de l'armée.

- Morsi s'impose face à l'armée -

Le 12 août, M. Morsi écarte le puissant ministre de la Défense et chef de l'armée, le maréchal Hussein Tantaoui, et annule les larges prérogatives politiques dont bénéficiaient les militaires.

Il s'attribue le pouvoir législatif et nomme un vice-président, le juge Mahmoud Mekki.

Avec le pouvoir législatif, les généraux gardaient un droit de veto sur toute nouvelle loi ou mesure budgétaire et se réservaient un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution.

- Prérogatives étendues -

Le 22 novembre, début d'une crise politique déclenchée par un décret grâce auquel M. Morsi étend ses prérogatives et les place au-dessus de tout contrôle judiciaire.

Le 30, un projet de Constitution est adopté par la commission constituante, boycottée par l'opposition de gauche et laïque ainsi que par les Eglises chrétiennes.

La décision de M. Morsi provoque une série de manifestations rivales qui dégénèrent parfois en affrontements meurtriers.

Le 8 décembre, M. Morsi accepte d'abandonner ses pouvoirs renforcés pour sortir de la crise, mais maintient le référendum sur le projet très controversé de Constitution.

Les 15 et 22 décembre, la Constitution défendue par les islamistes est approuvée (près de 64%) au terme d'un référendum entaché d'irrégularités selon l'opposition.

- Violences et manifestations -

Le 24 janvier 2013, début d'une nouvelle vague de violences entre manifestants et policiers à la veille du 2e anniversaire de la révolte qui a renversé Moubarak.

Le 2 juin, la justice invalide le Sénat, qui assume le pouvoir législatif en l'absence d'Assemblée, ainsi que la commission qui a rédigé la Constitution. La présidence réagit en affirmant que le Sénat continuera de légiférer dans l'attente de nouvelles législatives, et que la loi fondamentale est intouchable.

Le 30 juin, manifestations monstres contre le président. La foule déferle au Caire et dans de nombreuses autres villes, conspuant le chef de l'Etat aux cris de "Le peuple veut la chute du régime", reprenant le slogan déjà scandé début 2011 contre le pouvoir de Hosni Moubarak.

- Sissi écarte Morsi -

Le 3 juillet, après de nouvelles manifestations réclamant le départ de Morsi, le ministre de la Défense et chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, annonce que le président de la Haute cour constitutionnelle Adly Mansour prend la direction du pays, écartant de fait M. Morsi. Celui-ci appelle ses partisans à défendre sa "légitimité", avant d'être arrêté avec sa garde rapprochée.

Le 14 août, les forces de l'ordre lancent l'assaut sur deux places du Caire où campaient des milliers de pro-Morsi. Environ 700 d'entre eux sont tués, selon les chiffres officiels. Au total, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi sont tués en quelques mois et des centaines condamnés à mort.

- Condamnation et décès -

Le 17 juin 2019, des sources sécuritaire et judiciaire annoncent le décès de Mohamed Morsi après une audition au tribunal au Caire.

Depuis sa destitution, Mohammed Morsi a été condamné à un total de 45 ans de prison dans deux affaires, incitation à la violence contre des manifestants fin 2012 et espionnage au profit du Qatar.

Il était aussi jugé dans deux autres procès après l'annulation de deux verdicts prononcés contre lui - une condamnation à mort et une réclusion à perpétuité.

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