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Elections en Turquie: le parti au pouvoir corrigera "ses faiblesses"

(Belga) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche que le parti au pouvoir corrigerait ses "faiblesses", constatées lors des élections locales à l'issue desquelles il semblait en passe de perdre plusieurs villes, dont la capitale Ankara.

"Dès demain matin, nous allons commencer à travailler pour identifier nos faiblesses et y remédier", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours devant ses partisans au siège de son parti islamo-conservateur, l'AKP, à Ankara. Ces déclarations surviennent alors que l'AKP se dirige vers une défaite nette à Ankara et est en grande difficulté à Istanbul où le résultat se jouera sur le fil du rasoir, même si le candidat de M. Erdogan dans cette ville a revendiqué la victoire. Semblant envisager une possible défaite à Istanbul, M. Erdogan a déclaré que l'AKP contrôlerait de toute façon la majorité des districts de la ville même si l'opposition s'emparait de la municipalité. Peu avant, le candidat de l'AKP à Istanbul, l'ex-Premier ministre Binali Yildirim, avait revendiqué la victoire. Mais le candidat de l'opposition Ekrem Imamoglu dénonce des "manipulations" et soutient qu'il fait la course en tête. D'après l'agence de presse étatique Anadolu, M. Yildirim était devant à Istanbul avec 48,71% des voix, contre 48,65% pour M. Imamoglu, après dépouillement de 98% des urnes. Selon ces chiffres, moins de 5.000 voix séparent les deux candidats, soit une goutte d'eau dans une ville qui compte plus de 15 millions d'habitants. Dans son discours, M. Erdogan a déclaré que son parti contrôlait désormais 16 municipalités métropolitaines sur 30, alors qu'il en avait 18 avant le scrutin de dimanche. Il n'a pas nommé les deux villes ayant selon lui échappé à l'AKP. Ces élections municipales ont pris des allures de référendum sur la personne de M. Erdogan, qui s'est lancé à corps perdu dans la campagne pour ce scrutin qu'il a présenté comme déterminant pour la "survie de la nation". Mais depuis 17 ans, le succès électoral de M. Erdogan et de son parti, l'AKP, reposait en grande partie sur la croissance de l'économie, et la situation s'est considérablement dégradée. La Turquie traverse sa première récession en 10 ans et est confrontée à une inflation record et un chômage élevé. (Belga)

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