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En Chine, deux premières consécrations d'évêques depuis l'accord avec le Vatican

En Chine, deux premières consécrations d'évêques depuis l'accord avec le Vatican
Un premier évêque a été consacré en Chine depuis la conclusion de l'accord historique passé l'an dernier entre Pékin et le Saint-SiègeGreg Baker
Chine

Deux évêques ont été consacrés lundi et mercredi en Chine, les premiers depuis la conclusion de l'accord historique passé l'an dernier entre Pékin et le Saint-Siège, selon le Vatican et l'Eglise catholique affiliée au régime communiste.

L'Association patriotique catholique de Chine, l'Eglise officielle, a annoncé l'ordination lundi de Mgr Antonio Yao Shun, 54 ans, dans le diocèse d'Oulanqab, en Mongolie-Intérieure (nord de la Chine).

Matteo Bruni, porte-parole du Vatican, avait précisé mardi soir dans un communiqué que cette consécration était "la première à avoir lieu dans le cadre de l'Accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine".

Mercredi, il a également "confirmé" une deuxième ordination survenue le jour même, celle de Mgr Stefano Xu Hongwei, dans le diocèse de Hanzhong dans la province du Shaanxi (nord).

Ces deux ordinations n'ont pas été annoncées par le Vatican par sa voie de communication la plus officielle, son "bulletin" quotidien.

En septembre 2018, Pékin et le Vatican ont signé un accord historique sur l'épineuse question de la nomination des évêques, qui donne au pape un droit de regard sur les candidats à l'ordination soumis par l'Association patriotique.

Les quelque 12 millions de catholiques chinois -très minoritaires dans ce pays de près de 1,4 milliard d'habitants- étaient déchirés depuis des décennies entre une Eglise "patriotique" contrôlée par le régime communiste et une Eglise clandestine qui ne reconnaissait que l'autorité du pape.

Aux termes de l'accord, le pape François avait reconnu sept évêques chinois qui avaient été nommés par Pékin sans son aval, ainsi qu'un huitième évêque à titre posthume. Mais la question des évêques reconnus par Rome mais pas par Pékin faisait l'objet de négociations séparées.

Selon le quotidien chinois Global Times, l'Eglise locale est confrontée à une pénurie d'évêques, qui devrait s'aggraver avec le départ en retraite attendu de nombre d'entre eux. Un tiers des 98 diocèses du pays n'ont pas d'évêque à leur tête, selon le quotidien de langue anglaise.

"La consécration du père Yao Shun est une bonne nouvelle pour le Vatican", souligne Ian Johnson, auteur de livres sur la religion en Chine, où il est installé depuis plus de 20 ans.

Mgr Antonio Yao Shun "est quelqu'un qu'ils voulaient nommer et Pékin a donné son feu vert. Cela montre que l'accord (entre la Chine et le Saint-Siège) n'est pas à sens unique, contrairement à ce que laissent entendre certains critiques du pape".

Malgré l'accord de 2018, les relations entre Rome et Pékin ne sont pas entièrement au beau fixe.

En juin, le Vatican a appelé la Chine à ne pas intimider les catholiques qui choisissent encore de prier dans des églises clandestines.

Le Vatican est par ailleurs le seul allié diplomatique européen de Taïwan, qui est considéré par la Chine comme une province séparatiste en attente de réunification.

Le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir se méfie des organisations, notamment religieuses, pouvant menacer son autorité. Il a ainsi créé des associations étatiques auxquelles doivent s'affilier les religions reconnues: protestantisme, catholicisme, bouddhisme, taoïsme et islam.

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