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En Martinique, Saint-Pierre, dévastée par la Montagne Pelée, tente de se relever

En Martinique, Saint-Pierre, dévastée par la Montagne Pelée, tente de se relever
La montagne Pelée vue de la ville de Saint-Pierre, à la Martinique, le 31 août 2012KENZO TRIBOUILLARD

C'est une ville coincée entre la mer et une falaise. En 1902, Saint-Pierre, alors poumon économique et culturel de la Martinique, disparaît après l’éruption de la Montagne Pelée. Plus d’un siècle après, la ville mise sur le tourisme pour se relever.

En septembre, Emmanuel Macron en déplacement aux Antilles, a fait une halte dans cette petite ville de 4.000 habitants, au nord de l'île, pour saluer la reconquête par la commune du label "ville d'Art et d'Histoire" et ses efforts en matière de défense du patrimoine.

Ce bout de terre qui a accueilli les premiers colons en 1635 revient de loin: On l’appelait la Perle des Isles, le Petit Paris, la Venise Tropicale. Mais le 8 mai 1902, lorsque les nuées ardentes de la Montagne Pelée s'abattent, c’est un cinquième de la population martiniquaise qui s’éteint: près de 30.000 morts et plus de 20.000 sinistrés dans les villes avoisinantes.

Les ruines restent présentes : "Toutes les maisons ont un pan de mur d’avant 1902, ici", explique à l’AFP une habitante de la commune. Même pour entrer à la sous-préfecture, il faut passer sous une arche de pierre, vestige d’un ancien bâtiment.

La commune veut depuis longtemps valoriser ce qui reste de Saint-Pierre, mais "il y a une disproportion entre ce qu’il y a à faire et les moyens de la ville", souligne son maire, Christian Rapha.

Le label +Ville d’Art et d’Histoire+ est "une lumière sur la ville. On va bénéficier d’un réseau mais il faut faire un travail de mise en valeur", dit-il.

Or, certaines rues n’ont été que vaguement bitumées depuis la catastrophe, les ruines n’ont jamais été sublimées, des "dents creuses" ne sont toujours pas débarrassées des gravats de 1902, certains quartiers restent enclavés : "Saint-Pierre est une ville paradoxale avec cette richesse potentielle et cette misère quotidienne", admet le maire.

La ville "n'a jamais bénéficié d'un plan de réhabilitation depuis l'éruption", explique-t-il. "Les maires qui m’ont précédé ont développé la ville sur les soubassements de 1902. Il y a une opération de résorption de l’habitat insalubre qui dure depuis 20 ans et va être relancée bientôt".

- "Mémorial de la catastophe" -

L’historien Léo Ursulet, auteur de plusieurs ouvrages sur Saint-Pierre, "ne compte pas depuis 1902, le nombre de projets et d’initiatives qui ont été menés pour souligner l’intérêt de cette ville pour le patrimoine martiniquais", explique-t-il à l'AFP.

Mais il souligne la réticence de certains responsables politiques. "Ils me disaient que c’était le dernier site où investir". Pour lui, "il n’a jamais été question que Saint-Pierre redevienne la première ville de Martinique comme elle l’a été. En revanche, beaucoup s'accordent à dire qu’il faut que cette ville vive son présent en jouant sur son passé".

Une idée que défend l’association d’entrepreneurs Contact Entreprises, qui veut faire de Saint-Pierre le meilleur atout touristique de Martinique. "Saint-Pierre est unique dans la Caraïbe. La ville a plus de notoriété que la Martinique elle-même", estime Jean-Marie Salpetrier, secrétaire de l'association.

Dans un Livre jaune présentant ses projets pour faire de la commune un pôle touristique attractif, l'association appelle l'ensemble de la Martinique à "se mettre en mouvement pour faire sortir Saint-Pierre de sa gangue afin de la faire briller de nouveau", tout comme "Le Puy du Fou rassemble des milliers de Vendéens bénévoles dans des spectacles pittoresques".

Pour relancer le tourisme, la mairie et la Fondation Clément ont inauguré en mai le nouveau Mémorial de la catastrophe: le musée Franck A. Perret, du nom d’un géologue américain, ouvert en 1933, a été totalement réhabilité, repensé. On y découvre le Saint-Pierre d’avant 1902 et on y trouve, autour de la cloche de la cathédrale fondue, les noms des quelque 29.000 disparus au matin du 8 mai.

La ville compte aussi sur le loto du Patrimoine de Stéphane Bern, qui permettra de rénover plusieurs façades de bâtiments du centre ville, et sur le réseau Atout France et Sites et Cités Remarquables, qui à partir de septembre, lui permettront de se faire connaître.

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