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En plein conflit syrien, Hanan et Mohammad décident de se dire "oui" (photos)

En plein conflit syrien, Hanan et Mohammad décident de se dire
© Delil souleiman - AFP

Ce dimanche 1er décembre, un mariage a été célébré dans la ville de Hasakeh, dans le nord de la Syrie. Malgré les tensions dans le pays, Hanan et Mohammad se sont dit "oui".

C'est dans une école, sa maison temporaire, qu'Hanan a revêtu sa robe de mariée. Un abri de fortune dans lequel son fiancé et elle se sont réfugiés avec leurs familles à la suite de l'offensive turque contre Ras al-Ain, une région à prédominance kurde.

Après trois ans d'amour, le couple s'est uni en face de l'école. Ils ont ensuite célébré leur mariage avec famille et amis.



L'accord de cessez-le-feu fragilisé

L'accord de cessez-le-feu à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, a été fragilisé par deux jours d'affrontements violents entre les forces prorégime et des factions jihadistes et rebelles ayant fait près de 70 morts, a indiqué dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Ces affrontements ont entraîné la mort de 36 membres des forces du régime syrien et de 33 combattants dans le camp adverse, selon l'Observatoire (OSDH).

"Il s'agit des combats les plus violents dans la province d'Idleb depuis l'entrée en vigueur de l'accord du cessez-le-feu", a annoncé fin août par le régime syrien et son allié russe, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.

Dimanche matin, des colonnes de fumée s'élevaient dans le ciel de la région de Maarat al-Noomane, survolée par des avions bombardant des positions des groupes jihadistes et rebelles, a constaté un correspondant de l'AFP. "Les forces du régime mènent (...) une contre-attaque dans un secteur du sud-est d'Idleb, où les groupes rebelles et jihadistes avaient pris le contrôle samedi de quatre villages", a précisé M. Abdel Rahmane. "Elles ont réussi à les reconquérir intégralement", a-t-il ajouté, faisant état d'une "poursuite des combats".

En début d'après-midi, le champ de bombardement aérien s'est élargi pour inclure d'autres secteurs de l'est et du sud d'Idleb, dont la ville de Saraqeb, selon le correspondant de l'AFP. La province d'Idleb est dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Cette région, et des secteurs adjacents des provinces d'Alep, de Hama et de Lattaquié, échappe toujours dans sa vaste majorité au régime. Ces zones abritent aussi plusieurs autres groupuscules jihadistes et des rebelles affaiblis.

Un millier de civils ont péris

Entre fin avril et fin août, la région avait été pilonnée par l'armée syrienne, appuyée par l'aviation russe. Près d'un millier de civils ont péri durant cette période, selon l'Observatoire, et plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU. En dépit de la trêve annoncée le 31 août, les combats au sol, d'abord sporadiques, se sont intensifiés ces dernières semaines. Près de 470 combattants ont péri dans ces affrontements, dont environ 250 combattants des forces du régime et de leurs alliés.

En outre, plus de 160 civils, dont 45 enfants, sont morts dans les bombardements depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon l'OSDH. Ces derniers jours, des habitants de la région de Maaret al-Noomane ont fui vers des zones plus au nord, et certains villages étaient totalement déserts.

En octobre, le président syrien Bachar al-Assad a effectué sa première visite dans la province depuis le début de la guerre en 2011, affirmant que la bataille d'Idleb était la clé pour y mettre fin. Fort du soutien de Moscou et de l'Iran, le régime syrien a enchaîné ces deux dernières années les victoires contre les rebelles et les jihadistes et contrôle désormais plus de 70% du territoire, selon l'OSDH.

La Turquie lance une offensive

En octobre, il a amorcé son déploiement dans des localités du nord et l'est du pays contrôlées jusque-là par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les combattants kurdes. Face à une offensive lancée par la Turquie de l'autre côté de sa frontière, les FDS avaient dû appeler Damas à la rescousse.

En dépit de leur retrait d'une bande frontalière longue de 120 kilomètres, les FDS contrôlent toujours un vaste territoire. Leur présence s'étalait sur plus du quart de la Syrie avant le début de l'opération d'Ankara. Dimanche, leur commandant a indiqué que des forces russes seraient déployées dans trois secteurs FDS.

Un accord a été conclu "pour le déploiement des forces russes à Amouda, Tal Tamr et Ain Issa afin d'assurer la sécurité et la stabilité de ces zones", a dit Mazloum Abdi après une rencontre avec le chef des troupes de Moscou en Syrie. Des soldats syriens sont déjà déployés dans ces secteurs depuis octobre.  

Déclenchée il y a plus de huit ans par des manifestations pro-démocratie, le conflit syrien s'est complexifié au fil des ans, impliquant une panoplie de puissances étrangères et de groupes armés. Le conflit a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés.

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