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En réponse aux critiques des îles du Pacifique, l'Australie délie les cordons de la bourse

En réponse aux critiques des îles du Pacifique, l'Australie délie les cordons de la bourse

(Belga) L'Australie, sous le feu de critiques pour son climatoscepticisme, promet d'allouer 500 millions de dollars australiens (300 millions d'euros) pour aider les petites nations du Pacifique à faire face au changement climatique. L'annonce du Premier ministre conservateur Scott Morrison mardi survient avant sa participation à un sommet régional au cours duquel il est attendu que les îles du Pacifique formulent de vertes critiques à leur voisin australien.

L'argent promis par l'Australie sera disponible à partir de 2020 et pour cinq ans. Il s'agit d'un financement déjà prévu et réattribué pour aider les îles du Pacifique à investir dans les énergies renouvelables et dans des infrastructures - routes, hôpitaux, écoles - capables de résister à des évènements climatiques extrêmes. Le Premier ministre australien affirme que le geste "met en lumière notre engagement à non seulement atteindre nos obligations en termes de réduction des émissions chez nous, mais aussi à soutenir nos amis et voisins". Le calendrier de l'annonce n'est pas anodin alors que les leaders de 16 pays d'Océanie, dont l'Australie et la Nouvelle-Zélande, se réuniront dès mercredi pour le sommet annuel du Forum des îles du Pacifique (FIP) à Tuvalu. L'Australie est mise au banc des accusés par les plus petits archipels, qui pointent son faible engagement en faveur du climat. Lundi, le premier ministre des Fidji, Frank Bainimarama, a assuré que la dépendance de l'Australie envers le charbon posait "une menace existentielle" pour les îles. "J'appelle l'Australie à faire tout ce qu'il est possible pour parvenir à une transition rapide du charbon vers des ressources énergétiques qui ne contribuent pas au changement climatique", a plaidé celui qui a présidé la 23e Conférence de l'ONU sur le climat en 2017. Enele Sopoaga, son homologue de Tuvalu, pays hôte de la conférence, a dit espérer "plus de compréhension pour la population de Tuvalu et des petits pays insulaires qui sont déjà submergés et sont déjà sous eaux (...) Si notre amie l'Australie ne leur témoigne pas de respect, nous ne pouvons pas nous associer à cet état d'esprit", a-t-il mis en garde, déplorant aussi l'industrie du charbon en Australie. "Alors que les nations du Pacifique sont pleines de ressources et résilientes, elles dépendent de la coopération de leurs plus grands voisins, l'Australie et la Nouvelle-Zélande", a commenté mardi Raijeli Nicole, directrice du bureau régional d'Oxfam pour le Pacifique, à la veille du sommet FIP. "À l'heure actuelle, la pollution croissante de l'Australie et l'essor des exportations de combustibles fossiles compromettent notre avenir (...). Que l'Australie continue sur cette voie pose le risque d'un réchauffement climatique de plus de 3°C et affaiblit tous les progrès des dernières décennies pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté", a-t-elle pointé dans une carte blanche publiée par le média public australien ABC. Les émissions de CO2 australiennes n'ont pas baissé au cours des années précédentes, en dépit de ses engagements internationaux. Les Nations Unies ont d'ailleurs mis en garde en 2018 que Canberra risquait de ne pas respecter les objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés dans l'Accord de Paris pour 2030 (moins 26-28% par rapport à 2005), ce que le gouvernement de Scott Morrison rejette. (Belga)

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