En ce moment
 
 

En Syrie, un bataillon d'"élite" entraîné par les "conseillers" russes

En Syrie, un bataillon d'
Une photo prise lors d'une visite organisée par l'armée russe montre des soldats d'un bataillon "d'élite" de l'armée syrienne participant à une session d'entraînement avec les conseillers russes, le Maxime POPOV
Russie, Syrie

Lourdement équipés malgré la chaleur, des dizaines de soldats s'activent en camouflage vert et beige, soulevant des nuages de poussière à chaque tir: près de Damas, un tout jeune bataillon d'"élite" de l'armée syrienne bénéficie du précieux soutien des "conseillers" russes.

Assaut coordonné, mortiers, tireurs d'élite, démineurs et même véhicule lance-missile. L'entraînement illustre les nouvelles compétences acquises par l'armée du régime syrien grâce à l'"ami russe", loin des difficultés et déroutes des premières années de la guerre qui a éclaté en 2011.

Avec ce bataillon syrien multitâches, c'est un nouveau visage des forces gouvernementales syriennes que souhaite montrer l'armée russe en amenant un groupe de médias internationaux, dont l'AFP, assister à leur entraînement sur une base dans la région de Yafour, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Damas.

En intervenant militairement en Syrie en septembre 2015, la Russie a remis en selle le régime de Bachar al-Assad, permettant aux forces gouvernementales de reprendre de vastes pans de territoire et d'enchaîner les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, au prix de bombardements meurtriers et de destructions massives.

S'ils restent d'ordinaire très discrets sur leurs activités de formation en Syrie, les experts militaires russes s'affichent cette fois sans crainte, même si leurs visages restent masqués d'un bandana vert et de larges lunettes de soleil.

Un "conseiller" explique, en russe traduit en arabe, à un groupe de soldats comment reconnaître et désamorcer les mines, tandis qu'un autre leur rappelle comment soigner les blessés, devant les caméras.

- "Voie militaire" -

"Le bataillon a été créé le 10 août et a commencé à s'entraîner le jour même", relève Omar Mohamed, commandant de cette unité militaire.

"Grâce aux conseillers russes, le niveau de préparation des soldats a augmenté et ils savent se servir de tous types d'armes", assure-t-il.

Après un entraînement individuel de deux mois, le bataillon devra désormais apprendre à fonctionner en large groupe.

Les commandants disent ne pas exclure qu'il soit ensuite envoyé dans la région d'Idleb, dernier grand bastion encore dominé par les rebelles et jihadistes, dans le nord-ouest du pays.

Un accord fragile entre Moscou et Ankara, soutien de certains groupes rebelles, a été négocié pour éviter une offensive majeure du régime contre cette province.

Mais ces derniers mois, le pouvoir de Damas a tout de même mené des bombardements meurtriers dans le secteur, amorçant même des reconquêtes au sol.

"Nous fondons nos espoirs sur la voie politique. Mais si nous n'obtenons pas de résultat, alors nous emprunterons la voie militaire", a expliqué aux journalistes un des commandants du bataillon.

Le général Hassan Hassan, chef de l'administration politique de l'armée syrienne, est encore plus catégorique, au risque de crisper l'allié russe: "Idleb sera dans tous les cas libérée et nous nous y verrons bientôt", a-t-il assuré.

Déclenchée en 2011 avec la répression de manifestations antigouvernementales par le pouvoir de Damas, le conflit syrien a évolué au fil des ans en une guerre complexe qui a fait plus de 370.000 morts.

Vos commentaires