Encore un proche de Trump accusé de collusion avec la Russie

Encore un proche de Trump accusé de collusion avec la Russie

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, aurait versé en secret plus de deux millions d'euros à d'anciens hauts responsables européens pour faire du lobbying au service du gouvernement de l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou, selon un acte d'accusation déposé contre lui vendredi.

Paul Manafort avait retenu ce "Hapsburg Group", composé d'anciens hommes politiques, pour "prendre des positions favorables à l'Ukraine, y compris en faisant du lobbying aux Etats-Unis", peut-on lire dans l'acte d'accusation déposé devant un tribunal fédéral à Washington par Robert Mueller, le procureur spécial chargé de l'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016. Le groupe, qui a agi en 2012-2013, a fait du lobbying auprès de parlementaires américains et de responsables de la Maison Blanche, toujours selon l'acte d'accusation.

Ils "avaient l'air de fournir des évaluations indépendantes sur les actions du gouvernement ukrainien, alors qu'en fait ils étaient payés pour faire du lobbying pour l'Ukraine", indique également le document de justice. Ils avaient pour consigne d'"agir de façon informelle et sans aucune relation visible" avec le gouvernement ukrainien, selon une note rédigée par Paul Manafort en juin 2012.

L'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, qui était soutenu par Moscou, a été renversé en 2014.

Paul Manafort a lui brièvement pris - entre juin et août 2016 - les rênes de la campagne de Donald Trump, avant d'être renvoyé en raison de "conflits potentiels" d'intérêts avec des pays étrangers, selon le président américain. Il a été depuis pris dans l'enquête sur l'affaire russe aux Etats-Unis et fait l'objet de plusieurs chefs d'inculpation, parmi lesquels complot contre les Etats-Unis, blanchiment, fausses déclarations et non déclarations de comptes détenus à l'étranger.

Le dernier acte d'accusation n'inculpe cependant Paul Manafort d'aucun crime en lien avec les activités du "Hapsburg Group", mais ces activités sont détaillées dans le but de montrer qu'il faisait activement du lobbying pour l'Ukraine et aurait enfreint les lois américaines en ne s'enregistrant pas comme tel dans le pays.

Pour sa part, le Parquet ukrainien a annoncé samedi son intention de coopérer avec Washington dans l'affaire Manafort. "Nous voulons comprendre comment ils vont coopérer avec nous", a indiqué à l'AFP Serguiï Gorbatiouk, chargé des investigations spéciales au sein du Parquet général ukrainien, en soulignant que les enquêtes visant Paul Manafort aux Etats-Unis se croisent avec celles menées en Ukraine.

Ainsi, les procureurs ukrainiens voulaient interroger M. Manafort il y a quelques années, mais les autorités américaines n'ont jamais répondu à une demande officielle de Kiev sur ce sujet, a-t-il affirmé. Dans les prochains jours, le Parquet ukrainien doit envoyer une lettre à Robert Mueller pour évoquer ces enquêtes ukrainiennes concernant Paul Manafort, selon la même source. "Pour obtenir un résultat, il est important de coopérer", a insisté M. Gorbatiouk.

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