Enquête sur un trafic de visas humanitaires - Les Nations unies auraient pu être un partenaire de la Belgique

Enquête sur un trafic de visas humanitaires - Les Nations unies auraient pu être un partenaire de la Belgique
Syrie

(Belga) Les Nations unies auraient pu être un partenaire de la Belgique dans l'octroi de visas humanitaires à des chrétiens fuyant la Syrie, ressort-il de la réponse donnée par le Haut commissariat aux réfugiés à la commission de l'Intérieur de la Chambre.

Entre 2015 et 2018, quelque 1.500 réfugiés de Syrie, essentiellement chrétiens, ont pu être réinstallés en Belgique grâce à des visas humanitaires. Dans l'une de ces opérations, un conseiller communal N-VA, Melikan Kucam, a joué l'intermédiaire entre les autorités belges et ces réfugiés. Depuis lors, il est soupçonné d'avoir touché de l'argent contre ces visas et a été placé en détention préventive. L'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, a affirmé qu'il avait dû recourir à un intermédiaire car il n'était pas possible de collaborer dans ce domaine avec les Nations unies, entre autres parce qu'elles ne sélectionnaient pas les réfugiés sur la base de leur religion. Or, le gouvernement voulait sauver des chrétiens puisqu'ils constitent à ses yeux, et aux yeux du parlement, une minorité persécutée. Le HCR ne veut pas s'immiscer dans le cas particulier qui occupe la commission de la Chambre. Il indique toutefois qu'il a participé à des opérations de sauvetage menées par d'autres pays, dont l'Allemagne, l'Autriche et la France, explique mercredi "De Morgen". Les Nations unies peuvent également donner la priorité à des minorités menacées. "Nous n'allons jamais sélectionner des réfugiés sur la base de leur orientation sexuelle, par exemple, mais, en Tchétchénie, nous avons aidé à l'évacuation d'homosexuels parce qu'ils couraient un grand risque là-bas. Le contexte est très important, cela vaut aussi pour les minorités religieuses", explique une juriste du HCR, Mieke Verrelst. Lors de la première opération menée par la Belgique en 2015, au cours de laquelle des chrétiens avaient été exfiltrés d'Alep, les Nations unies n'étaient pas encore présentes sur le terrain syrien. Elles s'y sont installées depuis. M. Francken est entendu ce matin en commission de l'Intérieur. (Belga)

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