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Entité de troc européenne: "une mauvaise plaisanterie" pour le guide iranien

Entité de troc européenne:
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, s'adressant à des Iraniens à Machhad, le 21 mars 2019. Photo distribuée par ses services.-

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a qualifié jeudi de "mauvaise plaisanterie" le mécanisme de troc mis en place par l'Union européenne (UE) pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran.

"La différence entre ce qu'ils (les Européens) sont obligés de faire et ce qu'ils proposent est aussi grande que la distance entre le ciel et la terre", a déclaré le guide suprême lors d'un discours prononcé dans la ville de Machhad (nord-est) et retransmis en direct par la télévision d'Etat

"Nous devrions abandonner tout espoir d'aide ou de coopération de la part des Occidentaux pour renforcer notre économie, nous ne devrions pas les attendre", a-t-il ajouté.

Paris, Berlin et Londres ont annoncé fin janvier la création d'une entité baptisée Instex, afin de permettre à l'Iran de continuer à commercer avec des pays de l'UE, malgré le rétablissement par les Etats-Unis de sévères sanctions économiques contre l'Iran et les entreprises qui établiraient des relations commerciales avec ce pays.

Washington a pris ces mesures punitives après son retrait en mai 2018 de l'accord international prévoyant une limitation du programme nucléaire iranien. Mais les Européens, ainsi que la Russie et la Chine, sont eux restés partie à cet accord signé en 2015 et tentent de garantir à l'Iran les retombées économiques prévues par ce texte.

En pratique, l'Instex, basé à Paris, doit fonctionner comme une chambre de compensation permettant à l'Iran de continuer à vendre du pétrole et d'importer en contrepartie d'autres produits ou services nécessaires à son économie.

"Ce canal financier que (les Européens) ont récemment créé ressemble à une plaisanterie, une mauvaise plaisanterie", a indiqué l'ayatollah Khamenei. "Une fois de plus, les Européens nous ont poignardés dans le dos, ils nous ont trahis".

"Ils portent des costumes, ils mettent des cravates et de l'eau de Cologne (...) mais ce sont des sauvages", a-t-il encore lancé tout en insistant sur le fait qu'il ne voyait pas de problème à établir des liens avec les Occidentaux.

"Il n'y a pas de problème à avoir des relations avec eux, mais leur faire confiance serait une erreur", a précisé l'ayatollah Khamenei.

L'Iran a pourtant enregistré cette semaine un organe -l'Institut pour la finance et le commerce spéciaux (STFI)- qui sera le pendant de l'Instex et lui permettra ainsi de commercer avec les Européens, selon l'agence de presse iranienne Isna.

Le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Abdolnasser Hemmati, a lui semblé confiant concernant les opportunités que créera ce mécanisme.

"Avec l'enregistrement du STFI, nous nous attendons, en collaboration avec l'Instex, à ce que le commerce entre l'Iran et l'Europe soit facilité. Ce mécanisme sera crucial pour contrer les limitations causées par les sanctions américaines", a déclaré le gouverneur.

Le guide suprême iranien a reconnu jeudi que la situation économique est le problème le plus urgent en Iran et que les difficultés des Iraniens pour subvenir à leurs besoins "sont plus importantes".

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