En ce moment
 

Etats-Unis: un agent conspué par Trump dit qu'attaquer le FBI conforte Poutine

Etats-Unis: un agent conspué par Trump dit qu'attaquer le FBI conforte Poutine
L'agent du FBI Peter Strzok devant le Congrès, le 12 juillet 2018 à WashingtonSAUL LOEB

Un agent du FBI que Donald Trump accuse de parti pris à son encontre a estimé jeudi que de telles attaques divisaient les Etats-Unis et confortaient le président russe Vladimir Poutine, en niant toute partialité dans son travail.

Peter Strzok était entendu par le Congrès après que sa correspondance privée avec Lisa Page, une juriste de la police fédérale américaine dont il a été l'amant de 2015 à 2017, alors qu'ils étaient tous deux au FBI, a révélé leur opposition au candidat républicain.

Cette relation extra-conjugale a conduit Donald Trump à affubler le duo du sobriquet "amants du FBI". Peter Strzok et Lisa Page sont aujourd'hui au centre d'une campagne républicaine visant à discréditer le FBI et l'équipe du procureur spécial Robert Mueller, à laquelle ils ont brièvement pris part, sur l'enquête concernant une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de M. Trump et la Russie pour le faire élire en 2016.

Lors d'une audience agitée devant le Congrès, Peter Strzok a dit aux élus jeudi que ses SMS à Lisa Page étaient une réaction au "comportement horrible et répugnant" de Donald Trump pendant sa campagne, mais a nié que ses opinions aient eu un impact sur son travail et que l'enquête sur l'ingérence russe soit politisée.

"Cette enquête n'est pas motivée par la politique, ce n'est pas une chasse aux sorcières, ce n'est pas un canular", a affirmé M. Strzok.

"J'ai le plus grand respect pour le rôle de contrôle du Congrès mais je crois sincèrement que l'audience d’aujourd’hui est simplement une autre victoire pour Poutine et un autre tournant dans la campagne de nos ennemis pour déchirer les Etats-Unis", a-t-il assené.

M. Strzok a admis qu'il avait, en privé, critiqué Trump ainsi que d'autres personnalités politiques, notamment la candidate démocrate à l'élection de 2016, Hillary Clinton.

"Mais laissez-moi être clair, sans équivoque et sous serment: pas une fois en 26 ans à défendre ma nation mes opinions personnelles n'ont eu un impact sur mon activité officielle", a-t-il assuré.

"Vous devez comprendre que cela (ses messages, ndlr) a été écrit tard la nuit, de manière impromptue, et qu'il s'agissait d'une réponse à une série d'évènements dont l'un au cours duquel le candidat Trump a insulté la famille immigrée d'un héros de guerre mort au combat", a dit M. Strzok, provoquant une salve d'applaudissements dans le public.

Il faisait référence à un discours en 2016 dans lequel Donald Trump s'en était pris au père d'Humayun Khan, un officier d'origine pakistanaise mort en Irak en 2004, qui avait fait un émouvant discours lors de la convention démocrate.

L'agent du FBI a expliqué que ses SMS reflétaient son état d'esprit de l'époque, à savoir qu'il pensait que "la population américaine n'élirait pas" Donald Trump à cause de son "comportement horrible, répugnant".

Les républicains espéraient par cette audience ébranler la crédibilité de l'enquête et saper les accusations d'entrave à la justice qui pèsent sur le président et pourraient conduire à une procédure de destitution.

"Comment la Chasse Aux Sorcières truquée peut-elle se poursuivre quand elle a été lancée, influencée et animée, pendant une période prolongée, par l'ancien agent/amant du FBI Peter Strzok?", a encore tweeté Donald Trump jeudi.

"Lisez ses emails emplis de haine et totalement biaisés et la réponse est claire", a poursuivi le président des Etats-Unis.

Vos commentaires