F1: premières leçons à Barcelone malgré le froid

Les champions du monde en titre, Mercedes et Lewis Hamilton, ont fait impression lors de la première semaine d'essais de pré-saison de Formule 1, de lundi à jeudi sur le circuit de Barcelone, réduite à la portion congrue par le froid et la neige.

Comme on pouvait s'y attendre, les changements mineurs de réglementation (intégration du halo, interdiction de certains appendices aérodynamiques à l'arrière, limitation à trois moteurs par saison) n'ont pas accouché d'une révolution en haut de la feuille des temps, même si Red Bull a, comme souvent, débuté timidement.

Le Britannique a signé jeudi le meilleur chrono de la semaine (1:19.333) chaussé de pneus medium, reléguant son rival de l'an dernier, l'Allemand Sebastian Vettel (Ferrari), à 340/1000 en tendres, réputés plus rapides, mardi.

Le Belge Stoffel Vandoorne s'est offert jeudi le troisième chrono de la semaine à 521/1000 en hyper-tendres (la gomme la plus tendre jamais utilisée en F1), démontrant la progression de McLaren, qui a troqué avec succès son moteur Honda défaillant pour un groupe propulseur Renault.

L'écurie de Woking mais aussi l'équipe française mettent la pression sur Force India, quatrième constructeur en 2016 et 2017.

Honda, revenu en F1 en 2015, a aussi progressé. Sa nouvelle unité de puissance, qui équipe désormais Toro Rosso, n'a pas failli cette semaine, permettant à Scuderia de couvrir plus de tours (324) qu'aucune de ses concurrentes. Le pilote néo-zélandais Brendon Hartley s'en est dit "ravi".

- Halo -

De manière générale, c'est d'ailleurs l'ensemble du plateau qui a progressé en termes de fiabilité.

La perte spectaculaire de la roue arrière-droite de la McLaren lundi est à mettre sur le compte d'un "écrou desserré". L'écurie britannique a également connu un "petit problème avec une attache d'échappement" mardi, quand Red Bull déplorait une fuite de carburant. Mais rien à voir avec leurs difficultés de l'an dernier.

Nouveau venu très remarqué sur le paddock en ce début de saison, le halo, structure de titane installée à l'avant du cockpit ayant pour vocation de protéger la tête des pilotes en cas de choc avec un objet propulsé dans les airs, a commencé à se faire accepter.

"Pas fans" de son aspect, ceux-ci en reconnaissent l'intérêt pour leur sécurité et assurent que, s'il complique un peu l'installation dans leur baquet et leur sortie de voiture, il ne les gêne pas au volant.

Les températures glaciales et la pluie se sont invités dès lundi après-midi, avec même quelques flocons de neige en soirée, ne se faisant oublier que quelques heures mardi après-midi, avant de redoubler d'ardeur mercredi.

Seules cinq voitures ont osé montrer le bout de leur nez lors de cette journée, bouclant à peine dix-sept tours, dont onze pour l'Espagnol Fernando Alonso (McLaren), le seul à avoir signé un chrono.

- Barcelone vs. Bahreïn -

Dans des conditions tellement hivernales, impossible pour les écuries de mener le programme de tests espéré, tant en termes de performance que d'endurance. Celles-ci ont donc surtout éprouvé la fiabilité de leur mécanique.

Sur un tarmac glacial et humide, les pilotes ne parviennent en effet pas à monter suffisamment leurs pneus en température pour obtenir un niveau d'adhérence satisfaisant.

Un sérieux handicap avec huit jours d'essais de pré-saison seulement au calendrier et deux fois 100 kilomètres à la discrétion de chaque équipe...

Red Bull, McLaren ou encore Williams en ont profité pour remettre sur le tapis l'idée de retourner tester à Bahreïn (l'île du Golfe a accueilli ses derniers essais en 2014), pour s'épargner les éventuelles pertes de temps et d'argent occasionnées par les incertitudes météorologiques de l'hiver européen.

Une alternative que rejettent les "Petit Poucet" du paddock, à l'instar de l'Américaine Haas. "Aller à Bahreïn coûte cher et pose des problèmes logistiques", plaide le patron Gunther Steiner, alors que les écuries reçoivent quotidiennement de nouvelles pièces pendant les essais.

La promesse de soleil et de températures de saison (minimales autour de 7 degrés, maximales autour de 15) lors de la deuxième semaine d'essais, de mardi à vendredi, pourraient vite faire oublier ces dissensions.

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