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F1: "J'ai digéré", affirme Pierre Gasly après son éviction de Red Bull

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Le Français Pierre Gasly lors du GP de Belgique le 30 août 2019Kenzo TRIBOUILLARD

"J'ai digéré" d'avoir perdu un baquet chez Red Bull pour retourner dans l'écurie soeur Toro Rosso, nettement moins performante, a affirmé le Français Pierre Gasly en marge du Grand Prix de Belgique.

"Forcément, j'ai été déçu de cette décision" prise par Red Bull en pleine trêve estivale de la F1, a-t-il toutefois confié. Après 12 Grand Prix passés dans l'une des meilleures équipes du championnat, le jeune Normand a été prié de retourner faire ses classes chez Toro Rosso, écurie pour laquelle il a déjà piloté en 2017 et 2018.

A 23 ans, il laisse son volant au Thaïlandais Alexander Albon qui, au même âge, n'a que 12 courses de F1 à son actif chez Toro Rosso.

Mais, Gasly est avant tout un professionnel et vite le "message" reprend le dessus: "Je suis reposé, très bien préparé et la seule chose que je veux faire c'est tout donner à Toro Rosso", égrène-t-il.

- Goût amer -

L'affaire laisse toutefois un arrière-goût amer dans le petit monde de la F1. Son ex-coéquipier chez Red Bull, le Néerlandais Max Verstappen, a estimé que c'était un peu "nul" ("shitty") de devoir répondre à une question lui demandant s'il nuisait par son talent à la carrière de ceux qui sont dans la même équipe que lui. "Je pense que tout le monde fait du mieux qu'il peut non ? ", a-t-il répondu, visiblement embarrassé.

Gasly n'est jamais arrivé à se montrer à la hauteur de son coéquipier, pourtant plus jeune que lui (21 ans) mais en F1 depuis 2014. Il n'est pas parvenu à faire un podium alors que Verstappen gagnait des courses.

"Il y a certaines choses que j'aurais pu mieux faire pendant cette première partie de saison", admet-il et "j'ai ma part de responsabilité". Il avait été promu chez Red Bull pour remplacer l'Australien Daniel Ricciardo qui avait signé chez Renault à la surprise générale.

"Il y avait une certaine frustration après le GP de Hongrie. Quand on regardait le total des points, nous avions une voiture capable de battre les Ferrari au championnat constructeurs mais nous ne pouvions capitaliser dessus", a souligné jeudi Christian Horner, le patron de l'écurie Red Bull.

- "Content pour Alex, triste pour Pierre" -

Helmut Marko, le responsable de la filière pilotes de Red Bull, qui a tâté de la F1 lui-même et remporté les 24 Heures du Mans en 1971, ne passe pas pour un tendre. Il avait déjà "sorti" le Russe Daniil Kvyat de chez Red Bull pour le faire descendre chez Toro Rosso avant de l'en écarter pour faire place à... Pierre Gasly.

Il a donné à Albon jusqu'à la fin de la saison pour montrer ce dont il est capable et celui-ci aura du coup une énorme pression, surtout face à Verstappen.

Mais le Thaïlandais reste philosophe: "Bien entendu, Max est au sommet de son art actuellement et cela ne devait pas être facile pour Pierre. Je n'étais pas vraiment impliqué donc je ne sais pas où il rencontrait des difficultés mais pour moi il s'agira comme d'habitude de faire de mon mieux et de dominer la voiture", a-t-il déclaré à Spa.

La plupart des pilotes de F1 se connaissent bien pour avoir couru dans les mêmes formules de promotion dès leur plus jeune âge. Certains galèrent avant de trouver un volant stable --tel Esteban Ocon qui vient de signer chez Renault pour 2020 après une année loin des circuits-- d'autres se retrouvent catapultés rapidement dans une écurie de pointe, tel Pierre Gasly chez Red Bull ou Charles Leclerc chez Ferrari.

Le jeune Monégasque (21 ans) s'est avoué "surpris" de la mésaventure de Gasly et "triste pour lui". "Mais je connais très bien Alex (Albon) aussi alors je suis content pour Alex et triste pour Pierre".

Pierre Gasly peut se tourner vers son coéquipier Kvyat pour tenter de se rassurer. Après avoir été "chassé" de Toro Rosso, il y est revenu cette saison. "Il faut gérer course par course, ne pas trop penser à l'avenir", recommande le Russe qui, à 25 ans, fait presque figure de vieux routier.

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