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Féminicides: rassemblement à Paris pour réclamer des mesures immédiates

Féminicides: rassemblement à Paris pour réclamer des mesures immédiates
Manifestation Place de la République à Paris contre les féminicides, le 6 juillet 2019Martin BUREAU

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"Plus jamais ça!": 2.000 personnes selon les organisateurs, 1.200 d'après la préfecture de police, se sont rassemblées samedi à Paris pour réclamer des mesures immédiates contre les féminicides, à l'appel d'un collectif de familles et proches de victimes.

Parmi elles - des femmes, mais aussi des hommes -, 74 portaient des couronnes de fleurs. 74, soit le nombre de meurtres de femmes par leur compagnon ou ex recensés par un collectif depuis le 1er janvier.

"Féminicides = arme de destruction machiste", pouvait-on lire sur une pancarte.

Dans un message publié sur Facebook tard samedi soir, le président Emmanuel Macron a lui-même égrené les prénoms d'une cinquantaine de victimes, avant de reconnaître: "Mesdames, la République n'a pas su vous protéger".

"Des solutions existent déjà, il faut les faire connaître, et les utiliser au moindre doute. Si vous êtes victime de violence, si vous savez que l'une de vos proches est victime de violence, ne fermez pas les yeux, élevez la voix", supplie le chef de l'Etat, en renvoyant vers la plateforme de signalement en ligne du ministère de l'Intérieur et le 3919, la ligne téléphonique consacrée aux violences faites aux femmes.

Dans l'assistance, place de la République, figuraient la chanteuse Yael Naim et les actrices Julie Gayet, compagne de l'ancien président François Hollande, et Muriel Robin.

Cette dernière a appelé les manifestants à observer symboliquement "74 secondes de bruit et de colère", et vigoureusement interpellé le président Emmanuel Macron. "Vous avez parlé de cause nationale: où en êtes-vous ? Combien coûte la vie d'une femme ?"

"Je veux une réponse", a martelé la comédienne, qui a incarné à l'écran Jacqueline Sauvage, condamnée - avant d'être graciée par François Hollande - pour le meurtre de son mari violent.

"Pourquoi vous restez silencieux ? Les féminicides ne sont pas une fatalité. Nous n'avons plus le temps, nous attendons des réponses maintenant", a abondé la militante féministe Caroline De Haas à l'adresse du chef de l'Etat.

Interrogée par l'AFP, la députée MoDem Maud Petit a elle aussi souhaité une prise de parole d'Emmanuel Macron: "C'est important pour toutes ces personnes d'entendre le président, un homme, sur ce sujet".

Dans un tweet, la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a dit "saluer chaleureusement" la manifestation.

"Les conjoints violents gâchent la vie de femmes et d'enfants depuis trop longtemps", a-t-elle observé, réaffirmant la "détermination du gouvernement" à prévenir les féminicides.

Réuni dernière le mot d'ordre "Protégez-les", le collectif à l'origine du rassemblement avait signé une tribune dans Le Parisien dimanche dernier, appelant Emmanuel Macron à "mettre fin à ce massacre" et réclamant la convocation d'un "Grenelle des violences faites aux femmes" avec la police, la justice, l'école, les services sociaux, les entreprises, les associations.

Il souhaite le traitement systématique des plaintes, l'octroi de l'aide juridictionnelle dès le dépôt de plainte, un hébergement d'urgence et des ordonnances de protection pour les victimes. Mais aussi des bracelets électroniques pour les conjoints violents, un dispositif que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet a annoncé vouloir "généraliser".

Ces derniers jours, le monde politique et la société civile sont montés au créneau pour appuyer ces demandes de mesures concrètes.

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol, ancienne ministre des Droits des femmes, a écrit aux ministres de la Justice et de l'Intérieur pour demander une enquête administrative sur les féminicides survenus depuis le 1er janvier. Le Haut conseil à l'égalité (HCE, instance consultative indépendante) s'est "porté volontaire" pour "identifier les parcours et les éventuels manquements qui ont conduit au meurtre" de ces femmes.

Si l'on prend en compte les couples officiels comme les non-officiels (de l'époux à la relation épisodique), 130 femmes sont mortes en 2017 en France, tuées par leur conjoint ou ex, contre 123 en 2016, selon les dernières données de la délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur. Le nombre de féminicides a été compris entre 122 (en 2015) et 157 (2010) ces dernières années.

A la fin du rassemblement place de la République, samedi en début de soirée, une quarantaine de personnes se sont couchées au sol, aux cris de "Plus jamais ça !"

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