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Foule colorée pour la dernière étape de Macron en Inde

Foule colorée pour la dernière étape de Macron en Inde
Le président de la République française Emmanuel Macron et le Premier ministre Narendra Modi, lors d'une visite à Varanasi le 12 mars 2018Ludovic MARIN
histoire

Une foule multicolore a accompagné lundi la descente du Gange du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre indien Narendra Modi, étape finale d'une visite d'État de trois jours en Inde.

Danseurs, musiciens, ballons et drapeaux brandis par les écoliers: Varanasi (Bénarès), l'une des plus anciennes villes du monde et lieu sacré de l'hindouisme, s'était parée de ses plus beaux atours dans une ambiance sous haute sécurité.

Dans son fief électoral, M. Modi a invité le chef de l'État à monter à bord d'un petit bateau pour longer les ghats, ces célèbres escaliers qui tombent dans le Gange. Le ministre en chef de la région, le radical hindou Yogi Adityanath, les accompagnait.

Pour cette descente, les berges du Gange ont été débarrassés des pèlerins, ascètes hindous et vaches errantes qui les peuplent habituellement. A leur place, des groupes folkloriques aux tenues chatoyantes animaient la courte croisière des deux dirigeants.

Des dizaines de milliers de curieux agitant des drapeaux s'étaient massés dans les rues pour tenter d'apercevoir le convoi.

Au-delà de son histoire et de son caractère religieux, Varanasi est aussi une vitrine des nationalistes hindous actuellement au pouvoir dans le pays, qui tentent d'en accaparer l'aura.

C'est dans cette circonscription que Narendra Modi s'était présenté en 2014 à l'occasion des élections qui l'ont propulsé au pouvoir. Et c'est cette même ville qu'il entend faire entrer dans la modernité en l'érigeant en emblème de son programme "smart cities", censé créer les métropoles vertes et connectées de l'Inde de demain.

Emmanuel Macron, apparemment ravi de l'accueil reçu, avait rejoint dans la matinée Narendra Modi dans la plaine du Gange, berceau de l'Inde hindiphone.

Épaule contre épaule, écharpe safran autour du cou, les deux dirigeants ont inauguré en début de journée une centrale de panneaux photovoltaïques de 100 MW à Mirzapur, à 50 kilomètres à l'ouest de Varanasi, construite par le groupe français Engie.

Cette centrale solaire "illustre parfaitement l'engagement que nous avons pris ensemble sur le plan international" en faveur de cette énergie verte, a déclaré le président français devant un champ de panneaux solaires, au lendemain du sommet fondateur de l'Alliance solaire internationale qu'il a coprésidé à New Delhi.

- Diversité de l'Inde -

Au cours de ces trois jours de déplacement, Emmanuel Macron a multiplié les gestes et déclarations d'amitié envers l'Inde et son chef de gouvernement. Le président français affiche l'ambition de faire de la France la "porte d'entrée" du géant d'Asie du Sud en Europe, profitant du vide laissé par le Brexit.

Dimanche, MM. Macron et Modi ont présidé le sommet fondateur de l'Alliance solaire internationale, une coalition issue de la COP21 destinée à accompagner le développement de cette énergie verte dans les pays entre les tropiques.

La France et l'Inde ont signé à l'occasion de cette visite un pacte de coopération logistique dans l'océan Indien, région où la présence chinoise grandissante inquiète New Delhi.

Ils ont évoqué le délicat projet de construction d'une centrale nucléaire de six réacteurs de type EPR par le groupe français EDF à Jaitapur, sur la côte sud-ouest de l'Inde. La délégation française s'est félicitée d'une "avancée majeure" de ce dossier en discussion depuis une décennie.

Ce projet suscite une contestation locale en raison d'inquiétudes environnementales.

Dimanche en fin d'après-midi, le couple Macron s'était offert une virée romantique au Taj Mahal, emblématique mausolée moghol et ode à l'amour.

Ce monument de marbre blanc du XVIIe siècle "dit beaucoup de l'âme humaine, des grandes douleurs, d'une civilisation qui s'est déployée de l'Inde à la Mongolie, de la Chine à la Turquie", a estimé le président de la République.

Le Taj Mahal a subi ces derniers mois les foudres d'une frange des nationalistes hindous, qui renient cette construction à la mémoire de la femme de l'empereur morte en couches. Une controverse qui s'inscrit dans une remise en cause plus générale ces temps-ci en Inde de l'héritage musulman du pays.

"La force de l'Inde tient et tiendra dans sa capacité à marier ses religions et ses civilisations", a tenu à souligner Emmanuel Macron devant le monument.

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