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France et Belgique pour un meilleur suivi commun des radicalisés à leur sortie de prison

France et Belgique pour un meilleur suivi commun des radicalisés à leur sortie de prison
Le Premier ministre Edouard Philippe et son homologue belge Charles Michel, le 11 juin 2018 à ParisJACQUES DEMARTHON

La France et la Belgique vont renforcer leur coopération dans le suivi des détenus condamnés pour terrorisme à leur sortie de prison, un "défi majeur" pour ces deux pays, a annoncé lundi le Premier ministre français.

"Nos deux pays doivent anticiper, dès aujourd'hui et ensemble, la sortie des détenus condamnés pour des infractions terroristes en lien avec l'islam radical, ainsi que celle des détenus de droit commun quand il aura été observé qu'ils feraient l'objet d'un processus de radicalisation", a déclaré Edouard Philippe, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue belge, Charles Michel.

La semaine passée, la ministre de la Justice française, Nicole Belloubet, avait évalué à près de 450 le nombre de détenus radicalisés censés sortir des prisons françaises d'ici fin 2019, dont une cinquantaine de condamnés pour des faits de terrorisme.

Sur plus de 70.000 détenus en France, quelque 500 personnes sont incarcérées pour des faits de terrorisme et 1.200 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

"Nous proposons de réfléchir à une harmonisation, entre services français et belges, des modalités de signalement des détenus radicalisés sortant de prison, dans le système d'informations Schengen", a détaillé M. Philippe, alors que le récent attentat de Liège a été commis par un détenu.

Le 29 mai, Benjamin Herman, délinquant radicalisé de 31 ans qui bénéficiait d'un congé pénitentiaire, a tué par balles deux policières et un étudiant en criant plusieurs fois "Allah Akbar" ("Dieu est grand"). Il a ensuite été abattu par les forces de l'ordre.

"La radicalisation en prison, c'est un phénomène que l'on doit appréhender et qui doit nous amener à regarder (...) comment on peut mobiliser toutes les ressources de l'Etat, les ressources de nos services de sécurité", a révélé Charles Michel.

Ce dernier a chiffré à 9.200 le nombre d'informations échangées cette année entre les deux pays en matière de lutte contre le terrorisme.

France et Belgique ont affirmé depuis février 2016 leur volonté de renforcer leur coopération, notamment par la mise en place d'un magistrat de liaison basé à l'ambassade de France en Belgique, ou l'instauration d'équipes d'enquête communes franco-belges.

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