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François Ier, nouveau pape: il a demandé à la foule de prier pour lui

"Il semble que les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde", a déclaré le pape François Ier, l'Argentin Jorge Mario Bergoglio, dans ses premiers mots depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre.

Ce premier pape latino-américain et premier Jésuite à devenir pape a appelé à prier pour son prédécesseur Benoît XVI. Il a invité les fidèles à "entreprendre un chemin de fraternité, d'amour" et d'"évangélisation" et a demandé à la foule une minute de silence: "Priez pour moi et donnez-moi votre bénédiction".

 

Fumée blanche à 19h05

La fumée blanche est sortie de la cheminée à 19h05. Une immense clameur a aussitôt retenti Place Saint-Pierre, avec les cris de joie poussés par une foule nombreuse qui brandissait des drapeaux et scandait "habemus papam" et "viva il papa", pendant que les cloches résonnaient à toute volée. Cette élection met un point final à quatre semaines inédites et mouvementées, depuis l'annonce surprise le 11 février par Benoît XVI de sa renonciation à l'âge de 85 ans --une première en sept siècles, depuis celle du pape moine Célestin V.

Benoît XVI renonçait le 11 février
Le 11 février, dans un court message sobre en latin aux cardinaux médusés, un pontife allemand à bout de forces avait créé la stupeur en annonçant sa "renonciation" à mener "la barque de Pierre" . Il avait admis ses forces déclinantes face aux défis d'un monde en rapide changement. Un geste humble qui avait été salué dans le monde entier, mais pas toujours bien compris dans l'Eglise. Il avait annoncé qu'il se retirerait dans la prière, manifesterait une "obéissance inconditionnelle" au nouveau pape, et s'effacerait aux yeux du monde. Le 28 février, sans cérémonie mais avec émotion, Joseph Ratzinger prenait congé de près d'1,2 milliard de catholiques, affirmant qu'il resterait toujours avec eux dans la prière.
Se refermaient alors les lourdes portes de la résidence d'été de Castel Gandolfo, près de Rome, où il réside jusqu'à son installation dans deux mois dans un monastère au Vatican même. Commençait alors la période de "siège vacant" .
A huit clos
Les cardinaux, arrivés du monde entier, avaient ensuite délibéré à huis clos dans des "congrégations générales" pendant une semaine, mettant tous les problèmes sur la table avec franchise, et demandant notamment une meilleure gouvernance de l'Eglise.  
Puis les 115 cardinaux électeurs --de moins de 80 ans-- étaient entrés mardi en conclave dans la célèbre Chapelle Sixtine peinte par Michel-Ange, loin des caméras, après avoir rendu hommage au "pontificat lumineux" de Joseph Ratzinger. Soixante-neuf cardinaux, créés cardinaux par Benoît XVI durant ses huit ans de pontificat, n'avaient jamais participé à un conclave. Depuis un mois, le plus petit Etat du monde bruissait de rumeurs sur le profil souhaité de l'élu --administrateur à poigne, pasteur chaleureux, théologien, réformateur moderne mais respectueux de la tradition--.
L'Europe et les USA saluent le nouveau pape
Le président du Parlement européen, le socialiste allemand Martin Schulz, a déclaré que ce nouveau pape représentait "un nouvel élan est nécessaire au sein de l'église" . Les confrères européens Barroso et Van Rompuy ont eux aussi félicité François Ier au nom de l'Union européenne, en lui souhaitant un long pontificat afin qu'il puisse "promouvoir la paix, la solidarité et la dignité humaine". Le président Barack Obama a à son tour présenté ses "voeux chaleureux " au "premier pape des Amériques".
 
Elio Di Rupo lui souhaite "beaucoup de succès"
Le Premier ministre Elio Di Rupo, au nom du gouvernement belge, a également adressé mercredi ses félicitations au cardinal Jorge Mario Bergoglio. Le chef du gouvernement dit souhaiter à François "beaucoup de succès dans sa fonction" . "Le nouveau Pape aura notamment la tâche de répondre aux espoirs et attentes des catholiques dans le monde, dans une société en pleine mutation." Et dans les communautés jésuites belges, on accueille la nouvelle avec beaucoup d'étonnement mais aussi d'émotion.
Mgr Léonard voit aussi ce choix du nouveau pape de manière positive. Pour le religieux, le fait que le nouveau pape vienne d'Amérique latine est une "bonne idée". "C'est la première fois que le continent offre un pape. L'Amérique latine est un continent important". Pour l'exécutif musulman, "Rome démontre qu'un pape peut venir de n'importe quel continent" .
 

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