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Frappes en Syrie: faut-il craindre une escalade après la réaction virulente des Russes? (vidéo)

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont déclenché dans la nuit de vendredi à samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad. 

Invité sur le plateau du RTLinfo 13H, Roberto De Primis, chercheur à l'Université du Québec à Montréal et spécialiste des Etats-Unis, a apporté son analyse sur la situation en répondant aux questions de Luc Gilson.


Le président américain Donald Trump dit avoir mené ces frappes en représailles à l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien.
 C'est la seule et unique raison, selon vous? Quel message a-t-il voulu envoyer en faisant ça? 

"Il y a plusieurs messages. D’abord, un message purement américain de la part du président Trump qui montre à sa nation et à son électorat qu’il est un président fort et que, quand on dépasse la ligne rouge comme l’utilisation d’armes chimiques, il attaquera et frappera s’il le faut.

Il y a un second message envoyé au gouvernement Assad, qui est d’arrêter d’utiliser cet arsenal chimique. Le troisième message est envoyé aux alliés de la Syrie, la Russie et l’Iran car les frappes de la nuit passée étaient stratégiquement le plus loin possibles d’intérêts russes et iraniens sur le terrain."


Moscou avait prévenu Washington de la "dangerosité" de ce genre d'attaque.
 La réaction des Russes est encore très virulente aujourd'hui. Est-ce qu'il faut craindre une escalade, un embrasement plus général?

"J’en doute sérieusement, car on est resté le plus loin possible d’intérêts russes et iraniens. Jusqu’ici, les frappes ont été chirurgicales en se basant sur une convention internationale pour l’utilisation et le stockage d’armes chimiques. Cela permettra aux différents leaders occidentaux de justifier les frappes devant les parlements respectifs. Au final, c’est la population qui paye le prix fort."


La Russie demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.
 Compte-tenu du veto que posent souvent les Russes, est-ce que ça va servir à quelque chose, ce type de réunion? 

"Si on reprend uniquement le dossier syrien, il y a eu six vetos de la part de la Russie sur ce dossier, donc le dialogue diplomatique est impossible. Par contre, il faut arrêter les missiles maintenant pour permettre aux diplomates de pouvoir parler. Peut-être essayer une grande table ronde avec tous les acteurs pour qu’enfin, une décision politique et stratégique soit prise." 


Un mot sur la position de la Belgique:
 elle dit "comprendre" ces frappes. Il vaut mieux rester "prudent" dans ce dossier? 

"On les comprend, car on se base sur cette convention internationale appliquée depuis 1997 sur les armes chimiques. Par contre, ici, la Belgique reste à une certaine distance, car la coalition est très petite entre la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Ils ont assez de moyens et ils n’ont pas besoin d’autres alliés."

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