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G7: Johnson fait du charme à Trump, rien de neuf du côté du Brexit

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Comme prévu, Donald Trump et Boris Johnson ont affiché une grande complicité, le président américain affichant son soutien au Britannique dans son bras de fer avec l'Europe sur le Brexit, comparant l'UE à un "boulet à la cheville" britannique.

Hilares, les deux hommes se pointent du doigt de part et d'autre de la table de leur petit déjeuner, comme deux compères ravis du bon tour qu'ils viennent de jouer. De fait, les deux impétueux dirigeants sont les deux éléments les plus imprévisibles de ce sommet du G7 à Biarritz, chacun à son échelle.

"Il va être un fantastique Premier ministre", a déclaré M. Trump à l'occasion de cette première rencontre depuis que M. Johnson a posé ses valises au 10 Downing Street, propulsé à la tête d'un pays en plein pyschodrame du Brexit à quelques semaines de la sortie de l'Union européenne, pour l'instant sans accord amiable.

Interrogé sur les conseils qu'il pourrait lui dispenser, M. Trump, qui passe pour un négociateur particulièrement dur, a estimé qu'"il n'a pas besoin de conseil. C'est l'homme qu'il faut pour faire le travail. Je le dis depuis longtemps".

Et les deux hommes de faire faire miroiter un avenir radieux pour leurs deux pays.

Donald Trump a promis à M. Johnson "un très grand accord commercial, rapidement, plus grand qu'il n'y a jamais eu", a-t-il plastronné, alors que Londres cherche une solution de remplacement à l'Europe qui est jusqu'ici son premier partenaire commercial.

L'UE est "un boulet à la cheville" du Royaume-Uni, a-t-il lancé.

Avec une accolade chaleureuse à son homologue américain, Boris Johnson a aussi affirmé que les deux pays allaient conclure un "fantastique accord commercial une fois les obstacles écartés". Samedi soir, il s'était plaint que certains produits britanniques n'avaient pas accès au marché américain, comme les bacs de douche ou les tourtes au porc.

Et face au président américain, M. Johnson lui a demandé d'autoriser le cabotage aux Etats-Unis pour les navires britanniques.

- "Donald, ce que nous voulons..." -

"Donald, ce que nous voulons, c'est la possibilité pour nos navires de pouvoir transporter du fret, mettons de New-York à Boston", l'a-t-il interpellé.

Donald Trump, qui est en position de force face à un Boris Johnson aux abois, a temporisé, et esquivé: "Plusieurs choses... Nous parlons de plusieurs choses", a-t-il répondu.

Car le Premier ministre britannique n'avance pas dans sa négociation avec Bruxelles sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Il a rencontré dimanche un autre Donald, Tusk, le président du Conseil européen, 24 heures après avoir ferraillé par médias interposés sur l'épineuse question de la frontière irlandaise, point de blocage des négociations.

Le dispositif prévu dans le traité du Brexit pour la frontière irlandaise, entre la partie de l'île qui fait partie du Royaume-Uni et la République d'Irlande qui est membre de l'UE, constitue l'un des principaux points de désaccord entre Londres et Bruxelles.

Il prévoit que, faute de meilleure solution à l'issue d'une période transitoire, et pour éviter le retour d'une frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, le Royaume-Uni tout entier reste dans un "territoire douanier unique" avec l'UE.

Boris Johnson estime que ce dispositif porte atteinte à la souveraineté de l'Etat britannique et l'empêcherait de mener une politique commerciale affranchie des règles de l'UE, notamment vis-à-vis des Etats-Unis.

Un diplomate européen a dit que la rencontre s'est tenue dans "une atmosphère cordiale", pendant "environ 20 minutes". "Sur le Brexit, il n'y a aucun nouveau développement, ce fut une confirmation des positions. Johnson a expliqué comment il voyait les choses, et qu'il ne voulait pas un +no deal+ (lors de la sortie de l'UE, ndlr). C'est rassurant. La balle est dans le camp britannique. Nous ne connaissons pas leurs nouvelles idées (pour régler la question irlandaise, ndlr), s'ils en ont".

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