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GB/élections : l'europhobe Farage met Johnson au défi

GB/élections : l'europhobe Farage met Johnson au défi
L'europhobe Nigel Farage a prévenu qu'il pourrait présenter des candidats pro-Brexit à la ligne dure à travers tout le Royaume-uni et ainsi empêcher Boris Johnson de remporter largement les prochaineAdrian DENNIS

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L'europhobe Nigel Farage a prévenu lundi qu'il pourrait présenter des candidats pro-Brexit à la ligne dure à travers tout le Royaume-uni et ainsi empêcher le Premier ministre Boris Johnson de remporter largement les prochaines élections législatives britanniques.

Lors d'un meeting à Londres, le chef du Parti du Brexit a assuré que M. Johnson paierait cher le fait d'avoir rejeté vendredi sa proposition de "pacte de non-agression" pour les élections du 12 décembre, les troisièmes que le pays connaîtra en quatre ans.

"Il n'y aura pas de Brexit sans le Parti du Brexit", a-t-il martelé devant des centaines de candidats de son parti, alors que lui-même ne se présente pas.

"Le problème avec la proposition qu'a faite Boris Johnson au peuple britannique... c'est que ce n'est pas un Brexit", a clamé Nigel Farage sous les applaudissements d'une foule conquise, en référence à l'accord de sortie de l'UE conclu avec Bruxelles par le Premier ministre.

Sa promesse d'une sortie de l'Union européenne rapide, claire et nette avait valu à Nigel Farage la victoire lors des élections européennes de mai, auxquelles le Royaume-Uni avait été forcé de participer après un nouveau report du Brexit.

Cet élan avait été interrompu par l'arrivée au pouvoir de Boris Johnson en juillet et sa promesse de sortir coûte que coûte de l'Union européenne au 31 octobre.

Mais le nouveau Premier ministre a lui aussi été obligé d'accepter un troisième report, après que son gouvernement minoritaire a échoué à faire adopter dans les temps au Parlement son accord de divorce avec l'Union européenne.

Les espoirs de Boris Johnson d'obtenir la solide majorité dont il a besoin pour concrétiser sa vision de Brexit sont désormais assombris par la cohorte de candidats du Parti du Brexit.

- "Pureté dogmatique" -

Il dispose techniquement jusqu'au 14 novembre - date d'inscription des candidats - pour accepter une alliance avec le Parti du Brexit, ainsi que les exigences de Nigel Farage sur un Brexit pur et dur.

Mais le Premier ministre a "exclu tout pacte avec quelqu'un". "Je ne pense pas que ce soit acceptable", a-t-il dit vendredi, refusant l'offre d'alliance de Nigel Farage.

Une décision "très regrettable", a estimé le chef du Parti du Brexit, rejetant par ailleurs les accusations de Boris Johnson lui reprochant de diviser le vote des partisans du Brexit. "Nous ne diviserons pas le vote car nous sommes le seul parti a véritablement proposer un Brexit", a lancé M. Farage.

Même les plus ardents défenseurs du Brexit au sein des conservateurs ont reproché à Nigel Farage sa décision de présenter des candidats aux élections anticipées.

Le député conservateur pro-Brexit Steve Baker a ainsi déclaré que le gouvernement "ne pouvait pas réussir (à mener à bien le Brexit) si Nigel Farage créait un parlement sans majorité", accusant l'europhobe de rechercher la "pureté dogmatique".

"Les critiques de Nigel Farage ne sont pas fondées", a-t-il déclaré au quotidien britannique Daily Telegraph, expliquant que l'accord négocié par M. Johnson contenait effectivement "des compromis durs à avaler" mais qu'il représentait "un chemin vers un grand avenir". "Quelles que soient les motivations de M. Farage, il risque surtout d'être l'homme qui fera échouer le Brexit", a-t-il ajouté.

La cible principale du Parti du Brexit sera les électeurs pro-Brexit qui votent traditionnellement pour le parti d'opposition travailliste, a insisté son chef de file.

Mais d'après les votes précédents, la plupart des analystes s'accordent à dire que le Parti du Brexit risque de nuire davantage aux Conservateurs.

"72% des soutiens au Parti du Brexit venait de personnes ayant voté Conservateurs en 2017 et 17% de personnes ayant voté Travaillistes", détaillent dans un rapport les chercheurs Jon Mellon et Geoffrey Evans, du groupe d'études sur les élections britanniques.

Pour autant, les analystes doutent que le parti de Nigel Farage puisse remporter plus qu'une poignée de sièges.

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