Glencore assigné aux Etats-Unis dans une enquête de corruption

Glencore assigné aux Etats-Unis dans une enquête de corruption
Glencore est assigné par le département américain de la Justice dans une enquête de corruption FABRICE COFFRINI

Glencore, le géant suisse du négoce des matières premières, a annoncé mardi qu'il était assigné par le département américain de la Justice dans le cadre d'une vaste enquête pour corruption liée à ses activités au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo (RDC).

Glencore "a reçu une assignation datée du 2 juillet 2018 du département américain de la Justice à produire des documents et autres enregistrements en application de la loi sur les Pratiques de corruption à l'étranger et des règles de blanchiment d'argent", a indiqué le groupe dans un communiqué.

"Les documents demandés sont liés aux activités commerciales de Glencore au Nigeria, en République démocratique du Congo et au Venezuela de 2007 à aujourd'hui", a-t-il ajouté, sans autre précision.

Glencore a annoncé qu'il allait "examiner l'assignation et fournir d'autres informations en temps et en heure".

Le groupe, actif à la fois dans l'extraction minière et le négoce des matières premières telles que le cuivre, le zinc ou le pétrole, a son siège social à Baar, dans le canton suisse de Zoug, mais est coté à la Bourse de Londres.

Après l'annonce de cette enquête, le titre chutait de 12,25% à 306,50 pence vers 09H20 GMT sur le marché londonien.

Les soupçons de corruption visant les activités de Glencore notamment en RDC ne sont pas nouveaux.

- La RDC en ligne de mire -

En mai dernier, Bloomberg avait révélé que le groupe pourrait également faire l'objet d'une enquête au Royaume-Uni pour des faits présumés de corruption en RDC.

Interrogé mardi, le Serious Fraud Office (SFO), l'office national de lutte contre la délinquance financière au Royaume-Uni, s'est contenté d'un "pas de commentaire" au sujet de cette éventuelle enquête.

En décembre 2017, l'ONG suisse Public Eye avait de son côté déposé une dénonciation pénale auprès du ministère public de la Confédération suisse concernant les activités de Glencore en RDC. Public Eye entendait ainsi appeler le procureur à ouvrir une enquête pour déterminer si le groupe "a failli, en tant que société, à prévenir des comportements illicites".

Les activités du géant minier en RDC ont également été mises en cause dans les Paradise Papers, l'enquête du consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) concernant des pratiques d'optimisation fiscale à l'échelle mondiale impliquant de nombreuses entreprises et personnalités.

Les relations d'affaires de Glencore en RDC ne sont pas non plus des plus recommandables.

A la mi-juin, le groupe a annoncé qu'il avait trouvé un accord pour régler un litige avec deux sociétés en RDC affiliées au milliardaire israélien Dan Gertler, dans le collimateur des autorités américaines.

M. Gertler est visé depuis décembre 2017 par des sanctions imposées par le Trésor américain qui a mis en cause son amitié avec le président congolais, Joseph Kabila, lui ayant permis d'amasser une vaste fortune par le biais de transactions "opaques et corrompues".

Glencore, qui avait traversé de fortes turbulences à l'automne 2015 en raison du poids de sa dette jugé excessif par les investisseurs, a réussi à redresser la barre en moins de deux ans.

Grâce à un vaste programme de désendettement, sa dette est passée d'environ 30 milliards de dollars à 13,9 milliards de dollars à la fin du premier semestre 2017.

Pour la période allant de 2018 à 2020, Glencore a par ailleurs relevé l'enveloppe destinée à financer ses projets d'investissements, lui allouant en moyenne 4,5 milliards de dollars par an (contre 4 milliards précédemment).

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