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GP de Monaco: Ricciardo, la tête et les jambes

Daniel Ricciardo a conquis un premier succès plein de maîtrise dimanche au Grand Prix de Monaco devant Sebastian Vettel et Lewis Hamilton, malgré un problème de moteur qui lui a fait longtemps craindre un abandon.

Ce résultat n'est que justice pour l'Australien de Red Bull, écurie qui fêtait son 250e Grand Prix de Formule 1 depuis ses débuts en 2005.

De la première séance d'essais libres jeudi jusqu'au drapeau à damier dimanche, il s'est montré le plus rapide dans les rues de la cité-Etat où comme beaucoup de ses collègues il possède un pied à terre.

A l'arrivée, le natif de Perth a évoqué "une rédemption", référence à 2016, quand une grossière erreur de ses mécaniciens, qui n'avaient pas préparé à temps ses pneus, l'avait privé d'une première victoire en Principauté.

Facétieux comme à son habitude, il a réussi sur le podium à faire boire une gorgée de sa bouteille de Champagne à la princesse Charlene de Monaco, épouse du prince Albert II.

Au classement des pilotes, Ricciardo remonte en 3e position, 38 points derrière Hamilton, le leader du championnat, et à 24 unités de Vettel.

Les Français Esteban Ocon (Force India) et Pierre Gasly (Toro Rosso) ont fini aux 6e et 7e rangs, juste derrière les deux Finlandais du plateau, Kimi Räikkönen (Ferrari) et Valtteri Bottas (Mercedes), qui ont pris les 4e et 5e places.

"C'est sans aucun doute le week-end le plus satisfaisant de ma carrière", a souligné Ricciardo, auteur d'un départ sans souci.

Après dix tours, les 11 premiers sur la grille n'avaient pas changé de position.

En tête du début à la fin, l'Australien a constaté une perte de puissance après une vingtaine de tours.

Son patron Christian Horner, les mains jointes en prière, faisait alors grise mine.

- La remontée de Verstappen -

"J'ai vraiment pensé que c'était terminé à ce moment-là", a avoué l'Australien, qui est parvenu à résister à l'Allemand de la Scuderia, longtemps situé à une seconde de lui.

A partir du tiers de la course, Ricciardo ne disposait plus que de six vitesses au lieu de huit, ce qui aurait été rédhibitoire sur un autre tracé.

Son salut est sans doute aussi venu de la dégradation prématurée des pneus ultra-tendres, chaussés par tous les pilotes de tête, à l'exception de Bottas, en super-tendres.

Tentant de bluffer leurs rivaux, Ricciardo, Vettel, Hamilton et Räikkönen sont restés sur une stratégie à un seul arrêt mais n'ont pas pu attaquer autant que prévu.

Dans la bataille entre les deux quadruples champions du monde, Vettel a récupéré trois points sur Hamilton, qui conserve la tête avec 14 unités d'avance, avant le Grand Prix du Canada dans 15 jours.

Preuve que la Red Bull était la meilleure ce week-end à Monaco, l'équipier de Ricciardo, le Néerlandais Max Verstappen, parti de la 20e et dernière place, a fini en 9e position sur un circuit où doubler est très difficile.

Sous les yeux du judoka Teddy Riner, du footballeur américain Tom Brady, de l'acteur Hugh Grant ou de l'ancien tennisman Stefan Edberg, le glamour monégasque n'a pas compensé le spectacle faiblard d'une course diffusée en clair sur TF1 en France.

"Nous nous sommes promenés à partir du sixième tour pour être sûrs d'arriver à la fin, ce n'était pas vraiment une course", a déploré un Hamilton complètement éteint en conférence de presse.

Sans aucune tentative de dépassements entre les pilotes des trois "Top Teams", pas sûr que l'objectif de reconquête du coeur des téléspectateurs, cher au propriétaire de la F1, le groupe américain Liberty Media, ait été atteint.

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