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Grèce : des milliers de manifestants contre les projets de nom de la Macédoine

Grèce : des milliers de manifestants contre les projets de nom de la Macédoine
Des Grecques manifestent le 6 juin 2018 à Pella dans le nord du paysSakis MITROLIDIS
Grèce

Des milliers de Grecs sont descendus dans la rue mercredi soir dans les principales villes du nord du pays, contre les projets du gouvernement pour résoudre la question du nom de la Macédoine.

Quelque 2.000 personnes se sont rassemblées à Pella, centre historique de la Macédoine antique et ville de naissance d'Alexandre le Grand, a constaté un correspondant de l'AFP sur place, soit environ deux fois moins qu'espéré par les organisateurs.

"Nous invitons nos voisins, qui ne connaissent pas l'Histoire, à venir visiter nos musées et nos sites archéologiques pour découvrir que la Macédoine est grecque", a lancé à la foule le maire de Chalkidona, Ioannis Tsouknidas.

La manifestation, organisée par un comité soutenu par la diaspora grecque et des associations locales de maires, s'est déroulée concomitamment dans plus d'une douzaine de villes de cette région de Macédoine, au nord du pays.

A plus petite échelle, d'autres rassemblements se sont tenus en Grèce centrale, et sur les îles de Crète, Rhodes, Corfou et Kos.

En tout les manifestations ont concerné 24 villes, et selon la police, ont rassemblé "500 à 1.000 personnes" chacune.

La Grèce refuse de reconnaître le pays voisin sous ce nom depuis 1991, date de l'indépendance de l'ancienne république yougoslave de Macédoine.

Elle ne le nomme officiellement que ARYM (ancienne république yougoslave de Macédoine), de même que la France, l'Allemagne ou le Japon. Mais des dizaines d'autres pays, et notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie, reconnaissent la Macédoine sous ce nom.

- Tandem -

Athènes, qui redoute des revendications territoriales de Skopje sur le nord de la Grèce, met son veto en l'état actuel des choses à l'entrée de la Macédoine dans l'OTAN et dans l'UE.

Les négociations ont cependant considérablement progressé au cours des derniers mois, sous l'impulsion du tandem gréco-macédonien Alexis Tsipras-Zoran Zaev, deux chefs de gouvernement apparemment décidés à en sortir mais confrontés à de vigoureuses oppositions dans leur pays respectif.

En effet, Athènes serait prête à accepter un nom qui comprenne le nom de Macédoine, comme "Nouvelle Macédoine", "Macédoine du nord" ou "Haute-Macédoine" - "les trois noms que nous jugeons acceptables", a indiqué lundi le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Kotsias - mais à la condition expresse que le nouveau nom soit acté dans la Constitution macédonienne, et soit "erga omnes", c'est-à-dire désormais utilisé tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Macédoine.

Mais les oppositions dans les deux pays refusent pour l'instant ce compromis, chacun jugeant excessives les concessions respectives envisagées.

"Je pense que le gouvernement (grec) va être sous pression et ne conclura pas d'accord", espérait mercredi, dans la manifestation de Pella, Katerina Karamouza, une sexagénaire en tenue folklorique.

Samedi, des milliers de partisans du parti d'opposition de droite de Macédoine VMRO-DPMNE sont descendus dans les rues de Skopje pour protester contre les plans visant à changer le nom de leur pays. En Grèce, en début d'année, des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté pour des raisons diamétralement opposées à Thessalonique, capitale de la région Macédoine, et des centaines de milliers à Athènes.

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