Grèce: faible mobilisation pour une 1ère manifestation contre l'accord avec Skopje

Grèce: faible mobilisation pour une 1ère manifestation contre l'accord avec Skopje
Un pope orthodoxe participe à une manifestation à Athènes contre l'accord conclu avec Skopje pour le partage du nom de Macédoine, le 15 juin 2018 ANGELOS TZORTZINIS
Grèce

Quelques centaines de personnes, dont des députés du parti néonazi Aube Dorée, ont manifesté vendredi matin dans la capitale grecque contre l'accord conclu entre Athènes et Skopje pour le partage du nom de Macédoine.

Ce rassemblement inaugurait une veille des opposants à l'accord devant le Parlement avant une deuxième manifestation prévue samedi soir, à l'appel du "Comité de lutte pour la grécité de la Macédoine".

Dans l'intervalle, les députés grecs se prononceront par un vote prévu samedi à 11H00 GMT sur une motion de censure déposée jeudi par l'opposition conservatrice pour dénoncer le compromis balkanique conclu mardi.

Sauf surprise, le gouvernement du Premier ministre Alexis Tsipras n'est pas menacé par cette initiative.

"Tsipras traître", "Bas les pattes de la Macédoine" ont crié les manifestants, en majorité masculins, dont plusieurs popes orthodoxes et militants d'extrême-droite.

Brandissant des drapeaux grec, ils ont entonné l'hymne national et d'autres chants patriotiques sous les yeux de nombreux touristes, venus assister à la relève de la garde.

"Tout le monde sait que la Macédoine est une partie de la Grèce, ce que nous faisons actuellement c'est négocier avec nos violeurs, s'ils veulent prendre le nom de Macédoine nous n'avons qu'à les annexer", s'indignait Cléopatra Eleftheriadis, une femme au foyer de 38 ans.

Le Comité a aussi appelé les Grecs du nord à protester lors de la cérémonie de signatures de l'accord.

Celle-ci pourrait se tenir dimanche à Prespes, près du lac frontalier entre les deux pays, mais le rendez-vous restait suspendu à l'issue du vote de censure

Le compromis, qui doit encore être ratifié par le Parlement macédonien et passer le cap d'un référendum cet automne et d'une révision constitutionnelle prévoit que l'Ex-république yougoslave de Macédoine, admise à l'ONU depuis 1993 sous ce nom provisoire soit rebaptisée Macédoine du Nord.

Ce règlement est censé sceller le renoncement de Skopje à toute visée territoriale sur la province grecque de Macédoine et à l'appropriation du legs de la Macédoine antique, incarnée par Alexandre le Grand.

Cette querelle politico-historique restait irrésolue depuis l'indépendance en 1991 du petit État balkanique, bloquant son ancrage dans l'UE et l'OTAN, un verrou grec que le compromis doit lever.

Le Comité est à l'origine de trois autres manifestations qui ont réuni depuis février plusieurs centaines de milliers de personnes à Athènes et Thessalonique.

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