Grève de la faim d'une Irano-Britannique et d'une journaliste détenues en Iran

Grève de la faim d'une Irano-Britannique et d'une journaliste détenues en Iran
Nazanin Zaghari-Ratcliffe et sa fille Gabriella à Damavand, en Iran, transmise par la camapagne "Free Nazanin" le 23 août 2018-

Une Irano-Britannique détenue en Iran, Nazanin Zaghari-Ratcliffe, et une journaliste iranienne militante des droits de l'Homme, Narges Mohammadi, ont annoncé jeudi qu'elles allaient entamer une grève de la faim dans leur prison de Téhéran pour protester contre leur exclusion de l'accès aux soins médicaux.

"Pour protester contre ce comportement illégal et inhumain, et pour exprimer nos inquiétudes pour notre santé et notre survie (...), nous entamerons une grève de la faim du 14 au 16 janvier 2019", écrivent-elles dans une lettre publiée par le Centre des défenseurs des droits de l'Homme en Iran.

"Nous exhortons à une action immédiate", poursuivent-elles. "Nous annonçons qu'en cas d'incapacité des autorités à répondre à ces inquiétudes (...), nous prendrons d'autres mesures. Les autorités de la République islamique d'Iran doivent être tenues pour responsables des conséquences potentielles".

Employée de la Fondation Thomson Reuters liée à l'agence de presse canado-britannique du même nom, Nazanin Zaghari-Ratcliffe a été arrêtée en avril 2016 à Téhéran puis condamnée en septembre de la même année à cinq ans de prison pour participation à des manifestations contre le pouvoir en 2009, ce qu'elle dément.

"Le traitement médical de Nazanin pour grosseurs à la poitrine, douleurs au cou et engourdissement des bras et jambes est actuellement bloqué, et la consultation d'un psychiatre extérieur (à la prison) lui a été interdite", a expliqué son mari, Richard Ratcliffe, à l'AFP.

Ces soins sont "bloqués personnellement par le directeur de la prison d'Evin, M. Khani, malgré le fait qu'ils ont été approuvés par le médecin de la prison", a-t-il ajouté.

La journaliste iranienne et militante des droits de l'Homme Narges Mohammadi, connue pour son combat en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran, est emprisonnée depuis son arrestation en 2015, alors qu'elle était porte-parole du Centre des défenseurs des droits de l'Homme, fondée par la prix Nobel de la paix Shirin Ebadi.

Elle avait été condamnée l'année suivante à dix ans de prison, notamment pour avoir "créé et dirigé un groupe illégal".

En octobre 2016, une vingtaine de députés iraniens avaient écrit une lettre au chef de l'Autorité judiciaire lui demandant d'"intervenir personnellement" pour gracier Mme Mohammadi, souffrant selon eux d'une maladie entraînant une "paralysie musculaire".

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