Guerre commerciale: les multiples fronts ouverts par les Etats-Unis

Guerre commerciale: les multiples fronts ouverts par les Etats-Unis
Donald Trump a menacé de porter à 450 milliards de dollars la valeur des produits chinois qui seraient taxés à leur entrée aux Etats-UnisJUSTIN SULLIVAN
Chine

Chine, Union européenne, Mexique et Canada, Japon... Voici un panorama des fronts ouverts par Washington dans la guerre commerciale déclarée aux grands partenaires des Etats-Unis.

Chine

Donald Trump a menacé de porter à 450 milliards de dollars au total la valeur des produits chinois qui seraient taxés à leur entrée aux Etats-Unis -- soit la grande majorité des importations venues de Chine -- si celle-ci amplifie sa riposte aux décisions américaines.

Sur ce montant spectaculaire, pour l'instant, ce sont 50 milliards de dollars d'importations chinoises que l'administration américaine a concrètement entrepris de taxer, à hauteur de 25%, pour compenser selon elle le vol par la Chine de technologie et de propriété intellectuelle.

Pékin y a répliqué en annonçant des droits de douane "identiques" et crie désormais au "chantage" de la part des Etats-Unis.

Les Etats-Unis avaient déjà imposé unilatéralement des taxes de 25% sur leurs importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, quelle que soit la provenance, et touchant donc également la Chine.

L'administration Trump souhaite réduire son déficit commercial vis-à-vis de Pékin, actuellement de 375 milliards de dollars.

Union européenne

Jeans, bourbon, Harley Davidson: l'Union européenne taxe depuis vendredi des dizaines de produits américains en réponse aux droits de douane des Etats-Unis sur son acier et son aluminium.

Cette mesure, adoptée à l'unanimité par les 28, vise à compenser à hauteur de 2,8 milliards d'euros les dommages générés par les taxes américaines.

D'autres produits américains pourraient à l'avenir être également taxés par l'UE, à hauteur de 3,6 milliards d'euros.

Les Européens redoutent une escalade si Washington décide de mettre à exécution sa menace de taxer les voitures importées, une perspective qui fait frémir la puissante industrie automobile allemande. Le numéro un mondial de la voiture haut de gamme et des camions Daimler a d'ores et déjà revu en baisse ses prévisions de résultat, en invoquant les tensions commerciales.

Canada et Mexique

Le président américain a averti que les critiques récurrentes du Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui juge "insultantes" les taxes américaines sur l'acier et l'aluminium, allaient coûter "cher" au Canada.

Le Canada a annoncé une mise en oeuvre de ses propres représailles pour juillet.

Après l'annonce de Washington sur l'acier et l'aluminium, Mexico a décidé pour sa part d'imposer des taxes douanières équivalentes "sur divers produits" importés des Etats-Unis, dont certains aciers, des fruits et des fromages.

Par ailleurs, les négociations entre Washington, Mexico et Ottawa pour moderniser l'Accord de libre-échange nord-américain (Alena), en vigueur depuis 1994, patinent.

Russie

Touchée elle aussi par la hausse des taxes sur l'acier, la Russie a informé l'OMC qu'elle était prête à des mesures de représailles contre les Etats-Unis. Moscou estime le préjudice de ces taxes à 538 millions de dollars.

Les relations commerciales entre les deux pays sont marquées, au-delà de ce conflit, par les sanctions imposées par Washington contre plusieurs personnalités et entités, accusées de participer aux "attaques" de Moscou contre "les démocraties occidentales".

Iran

Washington a annoncé début mai son retrait de l'accord nucléaire iranien et décidé de rétablir ses sanctions à l'égard de Téhéran ainsi que de toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.

Les Américains ont donné à ces dernières une période de 90 à 180 jours pour se retirer d'Iran. Le premier train de rétablissement de sanctions, fixé au 6 août, concernera l'automobile et l'aéronautique civile. Suivront le 4 novembre l'énergie et la finance.

Le groupe français Total a annoncé qu'il abandonnerait un grand projet gazier entamé en juillet 2017 en Iran à moins d'obtenir une dérogation des autorités américaines. Le constructeur PSA a lui déjà annoncé son retrait d'Iran.

Japon

Touché depuis mars par les taxes sur l'acier, le Japon a informé l'Organisation mondiale du commerce de sa volonté d'instaurer, en représailles, des taxes sur des marchandises américaines à hauteur de 50 milliards de yens (385 millions d'euros).

Pour le pays, le principal sujet d'inquiétude concerne toutefois la menace de taxes sur les importations automobiles. De telles mesures "provoqueraient de sérieuses turbulences sur les marchés internationaux", a déjà averti Tokyo, dans un communiqué commun avec Bruxelles.

Corée du Sud

La Maison Blanche a annoncé le 1er mai avoir finalisé son traité de libre-échange avec Séoul, mettant un terme au conflit commercial l'opposant à la Corée du Sud.

En vertu de cet accord, Séoul accepte d'ouvrir davantage son marché automobile aux constructeurs américains. Il a par ailleurs accepté de réduire de 30% ses exportations d'acier vers les Etats-Unis.

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