Gus Van Sant revient avec un biopic et Joaquin Phoenix

Gus Van Sant revient avec un biopic et Joaquin Phoenix
De gauche à droite Joaquin Phoenix, Gus Van Sant et l'acteur allemand Udo Kier lors de la première de "Don't Worry, He Won't Get Far on Foot" à Berlin le 20 février 2018Stefanie Loos

Trois ans après son dernier film à l'accueil désastreux, l'Américain Gus Van Sant revient au cinéma avec "Don't worry, he won't get far on foot", un biopic en salles mercredi sur la rédemption d'un dessinateur alcoolique et tétraplégique, interprété par Joaquin Phoenix.

Habitué à jongler entre films d'auteurs ("Elephant", Palme d'or 2003) et œuvres plus grand public de commande ("Will hunting"), le réalisateur s'est penché sur la biographie du dessinateur John Callahan, découvert il y a vingt ans grâce à Robin Williams qui avait envisagé un temps de l'interpréter.

Alcoolique depuis l'adolescence, John Callahan a été paralysé à la suite d'un accident de voiture à l'âge de 21 ans, qui accentuera ses problèmes de boisson. Il finira par se lancer dans le dessin humoristique, tendance humour noir, et à s'en sortir progressivement. Décédé en 2010, l'homme aux cheveux roux est une figure de Portland (Oregon), la ville de Gus Van Sant.

"C'est quelqu'un qui a toujours joué avec les limites", a souligné le cinéaste à Berlin, où le film était en compétition. Les dessins très politiquement incorrects du dessinateur font partie intégrante de son film, et permettent de mieux saisir sa personnalité.

"Boire était son principal handicap", a estimé Joaquin Phoenix, refusant de s'étendre sur la préparation pour ce rôle en fauteuil roulant.

Poignant, le film se concentre sur l'accident de John Callahan et sa rédemption. Il consacre une large place aux réunions d'alcooliques anonymes et thérapies de groupe entreprises par le personnage. L'occasion de revenir sur une enfance marquée par l'abandon et le mal-être.

En animateur de groupe à l'allure christique, l'acteur Jonah Hill ("Le Loup de Wall Street") est impressionnant.

La distribution est complétée par Rooney Mara en infirmière suédoise, qui partage également l'affiche avec Joaquin Phoenix dans "Marie Madeleine", sorti ce mercredi. L'acteur Jack Black interprète un copain de défonce, et plusieurs figures de la scène musicale indépendante comme Beth Ditto et Kim Gordon (ex-Sonic Youth) incarnent les compagnons de souffrance du dessinateur.

En dépit de ses bonnes intentions, le film, produit par Amazon, souffre d'un air de déjà vu.

Le précédent opus de Gus Van Sant, "Nos souvenirs" avec Matthew McConaughey et Naomi Watts, avait été étrillé à Cannes en 2015: il racontait la rencontre de deux hommes partis se suicider dans une forêt au Japon.

Entretemps, le réalisateur a travaillé sur la mini-série "When we rise" sur la lutte pour les droits des homosexuels aux Etats-Unis.

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