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Gymnastique: la directrice de la Fédération américaine s'en va après l'affaire Nassar

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La directrice générale de la Fédération américaine de gymnastique Kerry Perry a démissionné mardi, neuf mois seulement après son entrée en fonction, à la suite d'une nouvelle polémique liée à l'affaire Nassar, ce médecin qui a abusé sexuellement de centaines de gymnastes pendant deux décennies.

"La présidente et directrice générale d'USA Gymnastics, Kerry Perry, a annoncé (lundi) soir au conseil d'administration qu'elle démissionnait avec effet immédiat", a annoncé USA Gymnastics dans un communiqué, confirmant l'information révélée par la presse américaine dans la nuit de lundi à mardi.

Ce départ est l'épilogue, largement anticipé, d'une semaine tumultueuse pour la fédération américaine, toujours engluée dans l'affaire Nassar, l'un des plus grands scandales de l'histoire du sport américain.

En début de semaine dernière, USA Gymnastics avait nommé au poste de coordinatrice du haut niveau une entraîneur réputée, Mary Lee Tracy.

Or cette nomination est mal passée auprès des victimes de Nassar, car Mme Tracy avait affiché publiquement en 2016 son soutien à l'ancien médecin de l'équipe des Etats-Unis, accusé déjà à l'époque d'abus sexuels par plusieurs gymnastes.

"Toutes mes gymnastes qui ont été sélectionnées olympiques ont travaillé avec lui: il les a protégées, il a pris soin d'elles, il a travaillé avec elles et leurs parents, il a été extraordinaire", avait alors témoigné Mary Lee Tracy.

- "Une nouvelle gifle" -

Pour l'une des victimes de Nassar, Aly Raisman, la nomination de Mme Tracy était "une nouvelle gifle".

"USA Gymnastics a nommé quelqu'un qui, à mes yeux, a soutenu Nassar, qui a critiqué les victimes et n'a montré aucune volonté de tirer les leçons du passé", avait jugé la double championne olympique par équipe, l'une des figures de proue du combat des victimes.

Mme Tracy avait beau expliquer à la suite de sa nomination qu'elle avait été trompée par Larry Nassar et tenter de joindre Aly Raisman pour s'expliquer, la Fédération lui avait demandé après trois jours de renoncer à son poste.

Mais la nomination puis la démission de Mary Lee Tracy illustraient aux yeux des observateurs et surtout du Comité olympique américain (Usoc) l'échec d'USA Gymnastics à se réformer et à tirer les leçons du passé.

L'Usoc a tapé du poing sur la table vendredi et réclamé une nouvelle refonte de la direction, déjà renouvelée complètement à sa demande.

"La fédération peine à remplir ses obligations et il est temps de penser à faire des ajustements au sein de la direction", avait menacé sa directrice générale, Sarah Hirshland.

- Manque d'empathie -

Kerry Perry, étrangère jusqu'à sa nomination au monde de la gymnastique, a été poussée vers la sortie pour n'avoir pas tenu compte du traumatisme laissé par Nassar.

Plus largement, les victimes, notamment Simone Biles, la star mondiale de la gym, regrettaient sa froideur et son manque d'empathie et de considération à leur égard.

Aucune des victimes n'a ainsi été nommée dans le nouveau conseil de surveillance chargé de réformer en profondeur la fédération et le fonctionnement des clubs et des équipes nationales.

La présidente d'USA Gymnastics Karen Golz a tenté de dresser un bilan positif du passage à la tête de sa fédération de Kerry Perry qui avait succédé en décembre dernier à Steve Penny, contraint à la démission en mars 2017.

"Après des événements horribles qui ont touché nos athlètes et toute la communauté de la gymnastique, USA Gymnastics a progressé pour stabiliser la situation et définir une nouvelle voie pour que la sécurité et les intérêts de nos athlètes restent au cœur de notre mission", a-t-elle estimé.

La fédération va maintenant "identifier un directeur général intérimaire et établir un comité pour trouver son successeur permanent".

Le Comité olympique, qui avait menacé de démanteler USA Gymnastics et de lui retirer son agrément au plus fort de l'affaire Nassar, suivra de près le processus et aura sans doute son mot à dire.

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