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Haïti: en pleine crise socio-économique, le président fier de son bilan

Haïti: en pleine crise socio-économique, le président fier de son bilan
Le président haïtien Jovenel Moïse à Port-au-Prince, le 12 janvier 2018HECTOR RETAMAL

Le président haïtien Jovenel Moïse a présenté avec fierté le bilan de sa première année de mandat, lors d'une conférence de presse mardi soir, ce malgré les difficultés économiques du pays en proie à une émigration massive de sa jeunesse.

"Il y a eu beaucoup de travail accompli à travers le pays cette année" s'est réjoui le chef de l’État haïtien, rappelant que "dans un pays où les ressources financières manquent, où tout est prioritaire, il est difficile de faire des choix".

Fidèle à ses promesses de campagne, Jovenel Moïse s'est focalisé en 2017 sur les réhabilitations de routes et d'infrastructures agricoles en province, d'où il est originaire.

Sous l'appellation "caravane du changement", le bilan présidentiel détaille le nombre de kilomètres de routes asphaltées et de canaux d'irrigation curés. Les coûts et contrats d'exécution de ces grands travaux sont inconnus mais le président haïtien balaie les critiques qui dénoncent un manque de transparence.

"La caravane du changement n'a pas de budget, c'est une stratégie" martèle Jovenel Moïse.

Alors que la banque centrale haïtienne a exprimé la semaine dernière son inquiétude face au déficit budgétaire grandissant (plus de 78 millions de dollars américain depuis le mois d'octobre) et face aux nouveaux signes de dévaluation de la monnaie nationale, le président minimise la gravité de ces indicateurs.

"Beaucoup attribuent le déficit budgétaire à une dépense du gouvernement qui ne respecterait pas les normes, mais je ne crois pas qu'il y ait cette situation alarmante" a répondu Jovenel Moïse aux journalistes réunis au palais présidentiel en présence des membres du gouvernement.

L'émigration massive des jeunes Haïtiens vers le continent américain constitue une menace grandissante sur la relance économique du pays mais le pouvoir exécutif n'a pas élaboré de stratégie qui permettrait d'endiguer cet exode à court ou moyen terme.

"On va travailler pendant cinq ans pour que le prochain président trouve une base solide afin de construire tout ce qui doit l'être pour qu'Haïti puisse accueillir tous ses enfants" a répondu Jovenel Moïse. "Pour que les jeunes ne partent pas, il faut qu'ils aient une perspective et il nous faut construire l'espoir" a-t-il simplement ajouté.

Rien que pour l'année 2017, ce sont plus de 100.000 ressortissants haïtiens qui ont émigrés au Chili, selon les statistiques communiquées par les autorités policières chiliennes en ce début d'année.

Historiquement, les États-Unis constituaient la destination privilégiée des immigrants haïtiens mais, face à l'incertitude causée par l'arrivée de Donald Trump à la Maison blanche, le Chili est désormais davantage prisé, notamment car aucun visa ne leur est exigé à l'entrée au pays.

amb/lab/mcj

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