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Hommage à Samuel Paty, l'enseignant décapité par un jeune radicalisé en 2020, aujourd'hui dans toutes les écoles de France

Hommage à Samuel Paty, l'enseignant décapité par un jeune radicalisé en 2020, aujourd'hui dans toutes les écoles de France
Un homme se recueille devant le collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, où enseignait Samuel Paty, le 19 octobre 2020 Anne-Christine POUJOULAT
 
 

A la veille de la date anniversaire de l'assassinat de Samuel Paty, tous les établissements scolaires de France vont rendre hommage sous différentes formes vendredi au professeur d'histoire-géographie, tué pour avoir montré des caricatures de Mahomet en classe.

Minute de silence, débats en classe, projection de documentaires autour de la laïcité... Charge aux équipes pédagogiques de décider du contenu de cet hommage.

"Les établissements ont la liberté de s'organiser. Cela pourra prendre la forme d'échange, de discussion. C'est l'occasion de parler de la place du professeur, du savoir", a expliqué jeudi le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer.

La commémoration de l'assassinat de Samuel Paty, il y a un an, "est l'occasion d'un temps de réflexion et d'échanges avec les élèves. Ce temps pourra notamment prendre la forme, à partir du cycle 3 [CM1, CM2, 6e] d'une séquence spécifique sur la construction de l'esprit critique, ainsi que sur le métier de professeur, son rôle et sa légitimité", selon le site Eduscol, qui fournit des contenus pédagogiques aux enseignants.

Le contenu de cette heure de cours dépendra aussi "de l'âge des élèves. Pour des élèves assez jeunes, ça sera plutôt des choses du type : +Quel est la place du professeur pour vous?+ (...) Plus l'élève est grand, plus c'est facile de parler d'esprit critique", précise le ministère, soulignant qu'"en général, c’est à partir du CP qu’on peut faire ce genre d’hommage".

En revanche, Jean-Michel Blanquer a déjà prévenu : si ces hommages venaient à être "perturbés", les élèves concernés seront "sanctionnés", a-t-il insisté au micro de RMC jeudi.

Le ministre a rappelé que de telles sanctions avaient dû être aussi appliquées l'année dernière, peu après l'assassinat. "Des problèmes il y en a eu, mais au moins ils sont signalés. Ils sont aussi circonscrits. Quand on pense aux dizaines de milliers de lieux où cela a été fait, c’est évidemment un pourcentage très faible. Mais là où c’est fait, c’est signalé et sanctionné", a-t-il ajouté.

"Emotion qui remonte"

Mercredi déjà, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait appelé les préfets à une "vigilance totale" lors de cet hommage, et plus particulièrement "dans et aux abords des établissements scolaires".

La grande mosquée de Paris a indiqué à l'AFP que son recteur et ses imams se recueilleront vendredi matin devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) où enseignait Samuel Paty.

Du côté des enseignants, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire (collèges et lycées), explique qu'on "sent beaucoup d'émotion qui remonte chez les profs à la veille de cet hommage, face aux souvenirs et au choc que cela a représenté".

"Il y a une volonté des enseignants de vouloir lui rendre hommage dignement", dit-elle.

Samedi, "dans l’entrée même du ministère, une plaque qui pour toujours rendra hommage à Samuel Paty sera inaugurée. Le Premier ministre viendra, ainsi que d'autres membres du gouvernement, avec les parents et la famille de Samuel Paty", a souligné Jean-Michel Blanquer.

La famille sera ensuite reçue dans l'après-midi à l'Elysée par Emmanuel Macron.

En parallèle, un square Samuel-Paty sera également inauguré samedi face à la Sorbonne, lors d'une cérémonie que la mairie de Paris veut simple et recueillie.

Le 16 octobre 2020, le professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, 47 ans, avait été poignardé puis décapité près de son collège à Conflans-Sainte-Honorine par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d'origine tchétchène, tué peu de temps après par la police.

Le jeune homme de 18 ans, radicalisé, lui reprochait d'avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Il avait pris connaissance de la polémique autour des caricatures avec une vidéo sur internet de Brahim Chnina, père d'une collégienne.

L'adolescente, visée par une exclusion pour indiscipline, avait menti à son père: elle avait assuré avoir été sanctionnée pour s'être élevée contre la demande de M. Paty faite aux élèves musulmans, selon elle, de se signaler lors de ce cours.


 




 

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