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Honduras: la police disperse une manifestation contre le président

Honduras: la police disperse une manifestation contre le président
Heurts entre manifestants et policiers, le 9 octobre 2019 à Tegucigalpa, au HondurasORLANDO SIERRA

Les forces de l'ordre du Honduras ont dispersé avec des gaz lacrymogènes mercredi à Tegucigalpa des centaines de manifestants qui demandaient la démission du président Juan Orlando Hernandez, soupçonné par la justice américaine de collusion avec le narcotrafic.

Quelque mille manifestants rassemblés dans un parc du centre de la capitale scandaient des slogans contre le chef de l'Etat lorsqu'ils ont été chargés par la police. Ils se sont alors dispersés, même si quelques-uns ont réagi en lançant des pierres aux membres des forces de l'ordre.

La mobilisation avait été convoquée par une coalition de groupes issus de la société civile.

Quelques heures auparavant, des milliers de sympathisants du Parti national (PN, droite) au pouvoir avaient manifesté leur soutien au président, dans le sud de Tegucigalpa.

Juan Orlando Hernandez a été mis en cause par d'ancien barons de la drogue témoignant devant un tribunal de New York, dans le cadre du procès de son frère Juan Antonio "Tony" Hernandez, qui a débuté le 2 octobre.

Ce jour-là, un procureur fédéral new-yorkais avait accusé "JOH" d'avoir touché des millions de dollars de pots-de-vin de la part de narcotrafiquants, dont le célèbre Mexicain Joaquin "Chapo" Guzman, pour ses campagnes électorales en échange d'une protection pour convoyer de la cocaïne vers les Etats-Unis.

L'intéressé avait aussitôt balayé ces accusations, "fausses à 100%, absurdes et ridicules", en assurant que "c'est encore moins sérieux qu'Alice au pays des merveilles".

"Le peuple hondurien est bon et a passé de bons et de mauvais moments avec moi", a dit mercredi le chef de l'Etat dans un discours à l'attention des manifestants. "Nous sommes avec Dieu et le peuple hondurien et continuerons à livrer bataille pour le bien du peuple hondurien".

L'opposition, formée par des secteurs de la société civile et par le leader de la gauche, Manuel Zelaya, qui avait été déposé de son poste de président en 2009, exige la démission de M. Hernandez.

Les députés de l'opposition ont présenté mardi soir au Congrès une proposition visant à soumettre le président à un "procès politique", sans aucune chance de succès en raison de la majorité dont bénéficie le parti au pouvoir.

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